Cote d'Ivoire: Deux auditions puis un renvoi au procès des attaques jihadistes de Kafolo en 2020

La troisième journée du procès des attaques de Kafolo a tourné court ce 19 janvier 2026 au tribunal d'Abidjan. Les juges de la section anti-terroriste tentent toujours d'élucider les circonstances de l'attaque du 10 juin 2020 : 14 militaires ivoiriens tués dans l'assaut d'un poste mixte à la frontière burkinabè. Avant que les débats ne soient renvoyés à une date ultérieure, la Cour n'a pu entendre que deux hommes accusés d'avoir aidé les jihadistes.

Premier accusé face aux juges : un trentenaire, crâne chauve, installé en Côte d'Ivoire depuis 2006. Il se présente en français au président. « Je suis planteur d'hévéa, avec mon grand-père, à Aboisso. » La ville est au sud-est, à plus de 11 heures de route de Kafolo. Alors que fait-il devant la Cour ? « J'ai été arrêté à Bondoukou, j'allais voir mon frère. » Pourquoi demande le président ? « J'ai dit que j'étais burkinabè. »

Bondoukou, c'est à l'est. Le principal accusé, Ali Sidibé, y a aussi été arrêté le 20 juin 2020 alors qu'il tentait de rallier le Burkina Faso, après être passé par Dabakala et Bouaké.

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Les deux hommes se trouvaient-ils dans le même véhicule ce soir-là ? À la barre, les co-accusés assurent ne pas se connaître. Le deuxième interrogé est un éleveur aux cheveux blancs, l'un des doyens de la communauté peule de Bouna. A-t-il hébergé des assaillants de Kafolo dans son parc à bétail ? Le sexagénaire se défend : « Non, je n'en suis pas le propriétaire. » Le procureur l'attaque : « Un autre accusé cite votre nom... D'après l'enquête, vous avez appelé des terroristes identifiés par les renseignements ivoiriens. » « Vous avez le détail des conversations ? », interpelle l'un des avocats. « Nous avons les factures détaillées », précise le procureur.

Report sine die

Les débats en resteront là : l'absence d'un des avocats de la défense n'ayant pas permis de poursuivre les interrogatoires, une demi-douzaine d'accusés doivent encore être entendus, ainsi que des témoins, avant le réquisitoire et les plaidoiries. Les zones d'ombres persistent quant à elles. Le procès des attaques de Kafolo se poursuivra dans les semaines à venir.

Le procès des attaques survenues contre un poste de contrôle à Kafolo, en juin 2020, a repris le 5 janvier. Quatorze militaires y avaient perdu la vie. Quarante-cinq prévenus sont poursuivis par la Chambre anti-terroriste pour, notamment, « actes terroristes ».

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