Son nom est intimement lié à la cuisine de l'Appel. Sokhna Diarra Thiaw Laye, plus connue sous le nom de Badiène Diary, est la cheville ouvrière de cet évènement phare. Avant, pendant et après, elle s'assure, depuis plus d'une vingtaine d'années, de nourrir ceux qui font vivre ce rendez-vous incontournable.
À Yoff Diamalaye, le climat est gris et nuageux en ce vendredi 09 janvier. Mais les chants religieux, perceptibles à des kilomètres à la ronde, apportent un peu de chaleur et apaisent les coeurs. À quelques mètres de la plage de Yoff, face à l'océan Atlantique, les bâches et autres installations sont déjà sur place. Des hommes font d'inlassables va-et-vient pour terminer leur dernière livraison avant de rejoindre un endroit bien connu.
La cuisine de Sokhna Diarra Thiaw Laye, plus connue sous le nom de Badiène Diary, est très chaleureuse. L'ambiance y est conviviale à l'heure de la pause déjeuner. Les femmes s'affairent à sortir les plats destinés à ces âmes besogneuses. Ici, avant de parler à Badiène Diary Laye, il faut d'abord partager le repas de midi. Il est 16 h et il y a encore de la place pour tout le monde. Autour du bol, drapée dans une robe vert menthe, elle s'assure que tout le monde mange avant de pouvoir, à son tour, se joindre à nous. Celle qu'on surnomme affectueusement Badiène tient bien son nom.
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Badiène Diary et son staff, composé de plus d'une cinquantaine de dames, s'attèlent tous les jours à concocter les menus de ceux qui gèrent l'installation, mais aussi de ceux qui s'occupent des préparatifs de l'Appel (Senelec, Sen'eau, service d'hygiène. Elles cuisinent chaque jour deux « mbanas ». « Nous gérons tout ce qui est en rapport avec l'alimentation. C'est notre modeste contribution à la bonne marche de l'Appel », a expliqué la présidente du groupement en charge de l'organisation.
Sacerdoce
Le groupement, composé de cellules de Yoff, Malika et Cambérène, était constitué uniquement d'hommes qui s'activaient dans les préparatifs de l'évènement. « C'est par la suite que mon frère, qui est le président d'honneur, m'a confié la gestion de la cuisine. Cela fait aujourd'hui 21 ans que je gère cette tâche avec humilité et un grand sens du devoir, en tant que fidèle de la communauté layenne », dit-elle, sourire aux lèvres.
La gestionnaire de la cuisine a rassemblé les femmes des hommes du groupement et a créé une cellule féminine dans chaque localité où le besoin se faisait sentir. « Grâce à nos cotisations et à l'appui des autorités religieuses, nous arrivons à nourrir ces soldats au service de la communauté. Nous assurons chaque jour les trois repas quotidiens », dit-elle fièrement.
Modèle d'engagement
Cette année, Badiène Diary ne compte pas faire exception à la règle. Chaque jour, ce sont plus d'une cinquantaine de femmes qui sont mobilisées pour assurer les repas de ces travailleurs. « Nous commençons dès l'aube et finissons souvent vers 00 h. Nous comptons en faire de même jusqu'au jour J, car nous sommes là également pour les marchands et autres badauds qui viennent s'abreuver ici à Yoff », précise-t-elle. Pour Sokhna Diarra Thiaw Laye, il n'y a pas de mission plus noble que d'œuvrer pour sa communauté à travers la cuisine.
« Ma plus grande source de satisfaction est de nourrir ceux qui contribuent à la réussite de cet évènement », confie celle qui a fait du don de soi un sacerdoce.
Pour Touty Tamba et Yadé Moulaye Gaye, Badiène Diary est une véritable source d'inspiration. Celles qui accompagnent Sokhna Diarra Thiaw Laye dans la gestion de la cuisine la décrivent comme une personne sociable et très engagée. « Je collabore avec Badiène depuis plus d'une vingtaine d'années. C'est une battante qui est toujours prête à se sacrifier pour les autres », a attesté Touty Tamba. Sa collègue Yadé Moulaye Gaye a abondé dans le même sens. « Elle est ouverte, gentille et généreuse. Elle se donne corps et âme pour la réussite de cet évènement », confie-t-elle, émue.