Conseil juridique agréé inscrit au Barreau d'Abidjan, Benoît Diouf a une autre facette : celle d'avocat de la Titrisation. Depuis quelques années, il s'investit et sensibilise afin que ce mécanisme innovant soit connu et profite davantage aux États et aux entreprises.
Au milieu d'un panel, Benoît Diouf, en veste noir, assorti d'une chemise blanche se distingue non pas par son style afro mais par sa pédagogie, en prenant le risque d'expliquer la Titrisation en langue Wolof. En décortiquant ce concept, il a souligné que ce système s'apprête plus au « batalé ».
Une donnée qui selon lui, permet de valoriser des biens ou actifs afin de mobiliser des fonds sans, en perdre la vraie valeur. Ce qui à ses yeux, est bien au contraire au « batalé », qui d'après lui, ne garantit pas une valeur intacte. Ainsi, il pense que la Titrisation est une véritable alternative surtout dans un contexte où l'environnement économique et financier est morose. Pour lui, rien que le secteur de santé peut en profiter pour améliorer le plateau médical et améliorer l'offre pour les populations.
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« Grâce à la Titrisation, il est possible de renforcer notre dispositif sanitaire sans endettement. Les hôpitaux ont des recettes. Même s'ils reçoivent des subventions de l'État, il n'y aucun souci. Dix structures peuvent s'allier et user de la Titrisation pour se renforcer. La Titrisation, c'est un très bel outil pour eux », explique Benoît Diouf, sirotant son café au milieu d'un hôtel de la place. Militant engagé de la Titrisation, il considère que ces atouts ne sont pas encore suffisamment exploités.
Pour Benoît Diouf, la Titrisation permet à l'initiateur d'accéder à la liquidité immédiate, d'accroître ses capacités de financement et de transférer le risque tels que le non paiement, le retard de paiement et la faillite du débiteur. « La Titrisation à son avènement visait à résoudre les problèmes de financement de l'immobilier, résidentiel et commercial. Mais au fur et à mesure, elle est rapidement apparue comme un instrument de gestion des risques», souligne Benoît Diouf .
Éducateur des finances
Militant engagé de la promotion de la Titrisation en Afrique, Benoît Diouf, est Conseil juridique agréé inscrit au Barreau d'Abidjan, anciennement avocat à Paris. C'est ainsi qu'il a mis en place, le Cabinet Asafo & Co dans la capitale ivoirienne.
Et c'est avec une vingtaine d'années d'expérience dans le secteur bancaire et financier international, principalement en Europe et en Afrique Francophone. Le spécialiste sénégalais est également expert en régulation bancaire et financière en Afrique, où il se spécialise dans les activités de marchés de capitaux, les financements structurés, notamment la titrisation dans l'espace Uemoa.
Dans ce cadre, il conseille et assiste les Sociétés de Gestion de Fctc, des cédants et des investisseurs, le cas échéant, dans la structuration, la documentation et la négociation d'opérations de titrisation pionnières réalisées sur le marché financier régional.
Durant sa carrière, il a eu à apporter son expertise dans la structuration d'opération financières complexes et innovantes et la mise en place de la documentation juridique des instruments de couvertures ainsi que les opérations de pensions livrées adossées à des convention-cadre nationales ou internationales et la négociation d'accord de financement complexe. Passionné de recherche, il est aussi co-auteur de la réforme des Textes de Base régissant le Marché Financier régional. Aujourd'hui dans ce contexte économique africain, il ne se lasse pas à vulgariser des sujets qui le passionnent.
« Ce sont des sujets importants que nous devons aborder afin de susciter le débat. La Titrisation est un mécanisme assez intéressant et qui passionne », dit il, déterminé à en parler davantage afin que ses vertus soient connus et bénéfiques à tous.