Afrique: AN I second mandat Trump - Les USA sont-ils devenus un État voyou ?

On avait eu un aperçu de son potentiel destructeur entre 2017 et 2021, lors de son premier passage dans le bureau ovale. On savait donc qu'en y revenant quatre ans après, avec un sentiment de revanche, que c'est une véritable tempête qui allait souffler sur la planète entière. De ce point de vue, on n'a pas été déçu.

Sitôt installé, il déclenche une guerre mondiale commerciale avec des taux de douane prohibitifs, y compris avec ses propres alliés et même des voisins immédiats qui n'avaient d'autres choix que de se plier à la volonté de Donald Trump. C'est vrai, on savait que de tous temps, ces relations internationales ont été le théâtre d'un rapport de force où les grandes ou moyennes puissances faisaient dans la subtilité, mais lui, il est brutal, ne s'encombrant pas de manières. Il veut quelque chose, "allons, on y va".

Il veut transformer Gaza, cette partie de la Palestine, en riviera du Moyen-Orient, il aide Benyamin Netanyahou à raser cette part de la Palestine. Il veut les terres rares d'Ukraine, il bricole un accord de paix, dont on attend la mise en oeuvre, entre la Russie et l'Ukraine. Idem pour la République démocratique du Congo qui a signé un accord de paix foireux avec son voisin, le Rwanda, mais on sait que la finalité est de faire une prédation sur les richesses de son sous-sol qui regorge de métaux rares et précieux.

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Il veut du pétrole, il va capturer Maduro pour mettre son pays sous protection américaine, en attendant le tour du Groenland qu'il menace d'annexer, n'en déplaise à l'Europe. On a l'impression que sous Trump, les Etats-Unis sont devenus des "rogue state", ces Etats voyous réputés évoluer en marge du droit international, que l'Oncle Sam continue d'indexer parlant de certaines nations comme l'Iran, l'Afghanistan, la Corée du Nord, la Syrie des Assad ou le Venezuela, qui étaient les poils à gratter de l'Oncle Sam.

Mais n'est-ce pas exactement ce que fait le locataire de la Maison blanche, lui qui ne jure que par la force brute pour obtenir ce qu'il veut, à l'image de ces "pays de merde" dont il avait parlé lors de son premier mandat ? Et que dire de l'Afrique ? Aucune considération si ce n'est pour faire du business ou prétendre voler au secours des chrétiens du Nigeria par des frappes sur de groupes jihadistes au nord-ouest "à la demande des autorités du Nigeria", prétend-t-il, alors que les problèmes sécuritaires vont au-delà du seul critère confessionnel.

Mais la première année de Trump2 aura surtout été marquée par le retrait ou la suspension des États-Unis de certains organismes onusiens, notamment de l'USAID. Quand on sait l'appui considérable de ces ONG dans des domaines vitaux comme la santé ou l'éducation, c'est véritablement une grande détresse pour des millions d'Africains.

Mais l'homme à la chevelure peroxydée s'en fout comme de sa première barboteuse. Et ce ne sont pas les gesticulations des enfants africains ou des malades qui vont l'émouvoir outre mesure. Quand on pense qu'on doit encore le subir pendant trois interminables années, on imagine le champ de ruines qu'il va laisser derrière lui en partant.

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