Congo-Kinshasa: Les taximen motos en grève à Kananga contre les « tracasseries policières »

20 Janvier 2026

La ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Central, est privée de transport en commun ce mardi 20 janvier. Les conducteurs de motos-taxis observent un mouvement de grève pour dénoncer les saisies intempestives de leurs engins et le paiement d'amendes jugées excessives par la police.

Depuis les premières heures de la matinée, les taxis-motos et les rares bus de transport urbain ont disparu de principales artères de la ville. Seuls quelques motocyclistes particuliers sont visibles sur la chaussée.

Des amendes allant jusqu'à 500 000 francs congolais

Les manifestants accusent plusieurs services de la police d'outrepasser leurs droits en immobilisant leurs outils de travail sans motif valable. Selon leurs témoignages, la récupération d'une moto saisie donne lieu à des exigences financières exorbitantes.

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« La tracasserie est devenue de trop. Normalement, c'est la police de circulation routière qui saisit les motos, mais aujourd'hui ce sont tous les services de la police. Pour récupérer un engin, on nous demande entre 300 000 et 500 000 francs congolais (215 USD) », déplore un conducteur en colère.

La mobilité de la population paralysée

Cette grève impacte lourdement la vie quotidienne des habitants. Les élèves, étudiants et travailleurs sont contraints de parcourir de longues distances à pied pour rejoindre leurs lieux d'occupation.

« Nous étudions à Katambayi, mais sans transport, il n'y a pas moyen d'y arriver », regrette un étudiant. Plusieurs secteurs d'activité tournent au ralenti, de nombreux citoyens ayant choisi de rester à domicile faute de moyens de déplacement.

Dispositif policier renforcé

Pour prévenir tout débordement, un important dispositif policier a été déployé dans les points névralgiques de Kananga. Des véhicules d'intervention sillonnent la ville pour empêcher la tenue d'une marche initialement prévue par les syndicats de motards. Tout regroupement de plus de cinq personnes est systématiquement dispersé par les forces de l'ordre. Malgré nos sollicitations, le commissaire provincial de la police n'a pas pu être joint pour livrer sa version des faits sur ces accusations de tracasseries.

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