Cameroun: Paul Biya au carrefour - Urgence électorale contre attente d'un remaniement

20 Janvier 2026

À peine trois mois après le début de son huitième mandat, le Président Paul Biya navigue en eaux troubles.

Son gouvernement est pris en tenaille entre deux urgences : la convocation imminente du corps électoral et un remaniement ministériel que toute la nation attend.

L'Échéance Inéluctable des Urnes :

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Une épée de Damoclès plane sur l'exécutif. Le mandat des maires, prorogé jusqu'au 31 mai 2026, oblige le président à convoquer les électeurs pour les municipales et législatives avant fin février 2026. Le Code électoral camerounais est formel : un délai de 90 jours doit être respecté. Toute nouvelle prorogation risquerait de cristalliser un sentiment d'instabilité et d'éroder la légitimité des édiles locaux.

L'Attente d'un Souffle Nouveau :

En parallèle, la pression monte pour un remaniement ministériel urgent. Le gouvernement actuel, perçu comme en panne d'élan, peine à incarner la dynamique du nouveau mandat. L'attente citoyenne est palpable. Biya semble hésiter, peut-être en quête de profils compétents capables de porter sa vision sur tout le territoire, ou face aux jeux d'influence pour conserver les portefeuilles.

Le Dilemme Stratégique du Chef de l'État :

Le président est ainsi coincé entre le marteau de l'agenda démocratique et l'enclume de la réforme gouvernementale. Chaque décision est scrutée. Procéder au remaniement d'abord pourrait envoyer un signal fort de renouveau avant les élections. Attendre pourrait être perçu comme une inertie dangereuse. La comparaison avec des voisins africains, comme Ouattara en Côte d'Ivoire ou Suluhu Hassan en Tanzanie, qui ont rapidement remanié après leur réélection, accentue cette attente.

La crédibilité du nouveau mandat de Paul Biya se joue peut-être dans ce timing complexe. Un remaniement habile pourrait redonner de la vigueur à l'action publique avant un scrutin crucial. Mais dans cette course contre la montre, saura-t-il trancher pour conjuguer stabilité institutionnelle et renouveau politique ?

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