La Coalition des forces pour la République (CFR) lancée début décembre par des opposants maliens en exil et menée par l'imam Mahmoud Dicko, ancien président du Haut conseil islamique du Mali, enregistre des ralliements au compte-goutte. La CFR se présente comme un mouvement de résistance pacifique prônant la désobéissance civile pour faire chuter le régime militaire de Transition. Le nombre des personnalités ayant officialisé leur ralliement à la CFR demeure limité. Aujourd'hui, c'est le président du Parti socialiste démocrate africain (PSDA), Ismaël Sacko, qui annonce rejoindre la coalition.
Le Parti socialiste démocrate africain (PSDA) avait été dissous dès 2023, deux ans avant que les autorités de transition n'infligent le même sort à la totalité des organisations politiques du pays. Son président, Ismaël Sacko, en exil hors du Mali, est un opposant de la première heure des militaires au pouvoir - depuis plus de cinq ans, sans élections. Il explique aujourd'hui « [se] retrouver » dans les objectifs de la Coalition des forces pour la République.
« Travailler pour un Mali constitutionnel »
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« C'est de travailler pour un Mali constitutionnel, un Mali réconcilié, explique Ismaël Sacko, ce sont les éléments de paix : la capacité que nous aurons de parler avec un certain nombre d'acteurs locaux, mais aussi ceux qui sont exilés, autour d'un projet pour le Mali. »
La CFR entend faire chuter le régime de Transition et rétablir les libertés fondamentales au Mali. La coalition prône également le dialogue avec les groupes armés maliens : les rebelles indépendantistes du FLA (Front de libération de l'Azawad), signataires de l'accord de paix de 2015 rompu par les autorités de transition, mais aussi avec les jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans), liés à al Qaeda, dans le but affiché de « faire taire les armes ».
« Pas de vision religieuse imposée »
Un tel dialogue, associé à la « radicalité » que prêtent certains à l'imam Dicko, ne comporte-t-il pas des risques ? La CFR est-elle réellement une alternative « républicaine » au régime militaire de Transition ?
« L'imam Dicko ne nous a pas imposé une vision religieuse de l'action que nous sommes en train de mener au sein de la CFR, répond l'opposant en exil. L'imam Dicko joue un rôle central, celui de parler à tous, c'est un acteur clef, mais les éléments de paix et de réconciliation se feront avec tous. On ne peut pas avoir un projet religieux dans un pays laïc sans passer par le référendum, poursuit Ismaël Sacko. C'est le peuple qui aura le dernier mot. C'est ça la souveraineté nationale. Et jusqu'ici, les constitutions du Mali qui ont été votées ont maintenu le caractère laïc (de l'État, ndlr), dans lequel je me reconnais. »
Ni le lancement de la CFR le 5 décembre dernier, ni les déclarations publiques de l'imam Mahmoud Dicko deux semaines plus tard, n'ont jusqu'ici suscité la moindre déclaration des autorités maliennes de transition.