L'accords sur la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales, Biodiversity Beyond National Jurisdiction (BBNJ), est entré en vigueur le 17 janvier, après que le seuil de 60 ratifications d'États a été dépassé en septembre 2025. Adopté en 2023 à l'issue de près de 20 ans de négociations lors de la Conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, cet accord constitue une avancée majeure pour la gouvernance des océans.
Le BBNJ établit un cadre commun, fondé sur des bases scientifiques, pour la gestion des espaces maritimes situés hors des juridictions nationales. Il encadre notamment la conservation et l'utilisation des ressources génétiques marines, le partage juste et équitable des bénéfices, qui en découlent ainsi que la mise en place d'outils de gestion tels que les aires marines protégées et les évaluations d'impact environnemental. Le traité prévoit également le renforcement des capacités et le transfert de technologies, afin de garantir que tous les États, y compris ceux disposant de moyens limités, puissent participer pleinement aux activités scientifiques et bénéficier équitablement des retombées liées aux ressources marines.
Détenant une zone économique exclusive de près de 2,3 millions de km², Maurice a signé l'accord BBNJ en septembre 2023, affirmant son engagement pour la protection des océans, au-delà de ses juridictions nationales. C'est dans le cadre de l'entrée en vigueur de cet accord que se tient ce Mauritius BBNJ Capacity-Building Workshop, atelier de trois jours organisés par le ministère des Affaires étrangères et le Commonwealth Secretariat, du 19 au 21 janvier au Caudan Arts Centre. À l'ouverture de l'atelier, hier, le ministre de tutelle, Ritish Ramful, a indiqué que l'enjeu se situe désormais au niveau national, avec la nécessité d'intégrer les dispositions du traité dans la législation mauricienne. «Des experts du Commonwealth participent à cet atelier afin d'accompagner les acteurs locaux dans le processus de domestication du traité et d'appuyer la mise en place des mécanismes nécessaires à son application effective.»
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Le haut-commissaire britannique Paul Brummell a précisé que la British High Commission soutient cette initiative en sensibilisant et accompagnant les responsables gouvernementaux et en procédant à une analyse détaillée de la législation nationale pour identifier les lacunes et assurer l'alignement avec le cadre BBNJ.
Arjoon Suddhoo, Deputy Secretary General du Commonwealth Secretariat, a souligné que le BBNJ est un outil stratégique pour les États insulaires en développement, dont Maurice. Il ouvre des perspectives dans des secteurs à forte valeur ajoutée comme la biotechnologie marine, la pharmacie et la cosmétique, permettant au pays de tirer profit des découvertes réalisées en haute mer. Il a expliqué que la mise en place d'aires marines protégées contribue à préserver la biodiversité et les stocks de poissons, tout en soutenant la pêche locale et la sécurité alimentaire. Les nouvelles règles des évaluations d'impact environnemental aideront à prévenir les dommages transfrontaliers et à protéger des secteurs clés comme le tourisme et l'économie bleue. Le BBNJ, dit-il, facilite aussi le transfert de technologies et le renforcement des capacités locales, donnant aux scientifiques et entrepreneurs locaux l'accès à des données et outils avancés pour innover.