Madagascar: Affaire Fenohasina - De nouvelles révélations alimentent le dossier

L'anniversaire de Fenohasina, qui a entraîné la mort de trente-cinq jeunes convives, fait désormais l'objet d'une enquête élargie, selon la procureure de la République.

La procureure de la République, Narindra Navalona Rakotoniaina, a annoncé lundi soir que de nouvelles informations avaient été reçues sur l'affaire d'Ambohimalaza et que la Justice procédait désormais à une enquête visant toutes les personnes concernées. Cette déclaration relance un dossier qui avait bouleversé le pays, après qu'un anniversaire organisé le 14 juin 2025 eut coûté la vie à trente-cinq invités.

Six mois après le drame, le propriétaire de l'espace où la fête s'était tenue, Tiana Randriamampianina, est sorti de son silence. Le 7 janvier, il a affirmé que Fenohasina avait emprunté une râpe à carottes et divers ustensiles de cuisine chez lui, et qu'elle avait préparé des plats dans la cuisine de l'espace.

Selon lui, des plats supplémentaires avaient été livrés par taxi et taxi-moto dans la journée, certains commandés via Facebook. Sa femme, qui n'était pas invitée mais avait mangé de ces plats, figure parmi les victimes.

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« Dès qu'il s'agit d'empoisonnement, il faut enquêter sur toutes les personnes qui ont touché aux nourritures », a-t-il insisté, rappelant que les caméras de surveillance avaient enregistré les événements et que les gendarmes disposaient toujours des DVR et du disque dur.

Intentions

Jean De Dieu Rakotonirina, père de Tommy Lee, décédé lors de la fête, souligne pour sa part que les organisateurs n'ont pas mangé les plats servis aux invités, mais d'autres préparés séparément. Il constate que la majorité des convives ont perdu la vie, tandis que les organisateurs ont survécu. Cette distinction nourrit les interrogations sur les responsabilités et les intentions derrière ce drame.

Le 8 novembre 2025, l'association des victimes avait rencontré la ministre de la Justice. Celle-ci avait affirmé qu'il n'existait pas de charges suffisantes pour maintenir Mendrika Lavorary en détention, alors que, sous l'ancien régime, la procureure avait indiqué le contraire. Mendrika, l'une des cinq femmes placées sous les verrous, a obtenu une liberté provisoire.

La ministre, qui avait suivi l'affaire depuis l'étranger avant son retour au pays, avait par ailleurs déclaré sur les réseaux sociaux que deux ministres étaient impliqués, sans que ces noms n'aient été révélés à ce jour.

Les familles des victimes réclament désormais la transparence et demandent à l'État de récupérer les résultats des analyses effectuées à Maurice. Selon la ministre, il s'agirait d'un cas de botulisme de guerre. Mais l'incertitude demeure, et les proches des disparus s'interrogent sur les personnes qui pourraient se cacher derrière Fenohasina, la jeune femme célébrée.

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