Gabon: Grève des enseignants au pays - Le climat social se crispe suite à l'arrestation de deux figures syndicales

Au Gabon, la grève des enseignants, en cours depuis début-décembre, s'envenime. Alors que le gouvernement enjoignait à la reprise du travail le 19 janvier 2026, de nombreux établissements sont restés déserts. Et, alors que le bras-de-fer social continue, la situation a pris une nouvelle tournure avec les arrestations lundi et mardi matin, de deux figures syndicales.

La première arrestation concerne Marcel Libama. Engagé dans les syndicats enseignants du Gabon depuis trois décennies, l'ancien député de la transition a été appréhendé lundi après-midi par des agents de la Direction générale des recherches (DGR) à l'aéroport de Libreville alors qu'il partait pour Port-Gentil, selon l'Agence gabonaise de presse.

Ce matin, c'est Simon Ndong Edzo qui a été cueilli à son domicile par le même service. Il est membre du bureau du Syndicat autonome des enseignants gabonais (SAEG).

Ces deux interpellations n'ont pas été justifiées officiellement. Certains interlocuteurs proches des autorités affirment que les deux hommes ne sont pas des « agents actifs », qu'ils ne peuvent donc pas se prévaloir du cadre légal de la grève, et qu'ils font donc « de l'obstruction à l'accès au service public ». D'autres sources font surtout remarquer qu'ils ont défié le gouvernement publiquement ces derniers jours.

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Narratif

Dans une vidéo publiée lundi dans la journée, Marcel Libama rendait compte, avec son franc-parler caractéristique, d'un mouvement de grève massivement suivi dans la capitale.

Les images d'établissements déserts ont également été relayées par les principaux médias privés du pays, et par les chaines de télévision publiques, contredisant celles diffusées par le ministère de l'Éducation nationale et montrant la ministre Camelia Ntoutoume Leclerq - en poste depuis 2020 et restée en poste tout au long de la transition, puis dans le cadre des nouvelles institutions - en tournée dans des écoles où le travail reprenait.

Selon un syndicaliste, des enseignants vacataires et des parents auraient été sollicités pour prouver que la reprise des classes était effective.

Quant à Simon Ndong Edzo, retraité mais toujours cadre syndical, il avait appelé samedi en Assemblée générale à poursuivre ce mouvement : « Nous devons continuer à pousser, à secouer le cocotier, et le coco finira par tomber. » Un mouvement débuté en décembre autour du collectif SOS Éducation puis qui s'est durci après les fêtes, contournant largement les syndicats traditionnels, accusés de cogestion avec le ministère, les enseignants dénonçant des arriérés de soldes qui s'accumulent, un système d'avancement sclérosé.

Grève imminente des enseignants-chercheurs ?

Depuis lundi soir, de nombreuses figures politiques et de la société civile demandent la libération des personnalités arrêtées et s'inquiètent d'une riposte sécuritaire à un problème social non-résolu.

Vendredi dernier, une réunion avait été organisée au ministère. Celui-ci avait évoqué des « avancées significatives » avant d'enjoindre à la reprise des cours lundi, tout en menaçant les enseignants « d'opérations de contrôle » administratif dans les établissements. Mais l'AG du samedi en a décidé autrement.

Les grévistes demandent désormais un arbitrage direct du président Oligui Nguema

Leur situation illustre une situation sociale en train de se tendre au Gabon : les enseignants-chercheurs du supérieur ont annoncé une grève imminente, un préavis a également été déposé dans le secteur pétrolier, ainsi que dans les médias publics et dans la santé.

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