L'artiste visuel Boubacar Diallo dit Bouba est à l'honneur à la Galerie nationale d'art. Les oeuvres du Thiessois sont à voir, jusqu'au 2 février 2026, dans le cadre d'une exposition individuelle intitulée « Tes vues, ma vie ».
Le culte de l'apparence. À l'ère du tout numérique, la tendance est d'accorder plus d'importance aux « vues » au point de négliger la vie des autres. Que cela soit sur les réseaux sociaux, dans la vie quotidienne, la course aux « vues » est frénétique.
Ce constat a inspiré le titre de l'exposition « Tes vues, ma vie » de l'artiste visuel Boubacar Diallo dit Bouba. Ses créations sont à découvrir jusqu'au 2 février à la Galerie nationale d'art. Une belle entame pour la première exposition de l'année 2026.
Le ton est donné par la toile titrée « Émerveillement 1 » (technique mixte) au détour d'un gribouillis de lignes, de couleurs avec un pinceau assez subtil. La variante tonale balance entre le bleu, vert, une teinte orangée. Le regard du visiteur se promène entre émerveillement et questionnement.
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L'artiste pose la problématique avec l'oeuvre « Tes vues, ma vie », le titre éponyme de l'exposition. Bouba se pose, après avoir observé l'évolution de sa société. Son regard est lucide. Il interroge au travers du tableau réalisé sur 126x180 cm, technique mixte.
Un jeu de couleurs à dominante ambrée d'une rare finesse confère à la toile un cadre dans lequel une multitude de silhouettes s'alignent. Des regards se croisent, s'entrecroisent... La perspective est à la fois « Dynamique/Statique ». Le titre de cette oeuvre renseigne à suffisance sur la narration visuelle de Bouba. Il invite à « Faire face à la réalité » devant un univers ultra connecté.
Sur ce registre, « Le regard miroir » devient reflet. « Bouba est bien conscient des enjeux des réseaux sociaux. Les espaces numériques sont aussi des lieux d'apprentissage, de solidarité et de créativité pour les jeunes », explique le commissaire de l'exposition.
Daouda Dia pousse son analyse : « Avant-gardiste, éducateur, influenceur, Bouba, à travers les tableaux et l'installation, révèle également les inconvénients liés à une utilisation excessive ou non maîtrisée des réseaux sociaux ».
À la maison, estime Dia, les écrans peuvent fragiliser les liens familiaux, favoriser l'isolement et réduire les échanges directs. Dans les lieux de travail ou de formation, ils peuvent engendrer distraction, pression sociale, perte de concentration et confusion entre sphère privée et professionnelle.
« Tes vues, ma vie » invite le public à s'interroger sur les relations humaines face aux écrans, comment préserver l'équilibre entre présence numérique et vie réelle. Aux yeux du commissaire Daouda Dia, cette exposition ne cherche ni à condamner ni à idéaliser les réseaux sociaux.
« Elle ouvre un espace de dialogue et de prise de conscience, afin de promouvoir un usage responsable et humain du numérique », avance-t-il. Sur ce registre, derrière chaque vue, chaque notification, il y a une vie réelle, des émotions et des choix à faire.
Le discours plastique de Bouba a une résonnance singulière avec le thème du 12e Salon national des artistes visuels « Nouveaux regards/Yessal gis gis ». Cette approche suppose que l'on ouvre d'abord les yeux afin de mieux filer la métaphore spéculaire.
L'un des destins de l'art se joue les yeux ouverts, dans la contemplation de l'oeuvre. Avec une thématique socialisée, Bouba interroge autour de ce qu'il voit et de ce qu'il voit peut signifier. Au-delà de toute visée esthétisante, cette vision remet au goût du jour la fonction sociale de l'art.
L'exposition « Tes vues, ma vie » est à voir jusqu'au 2 février 2026 à la Galerie nationale d'art.