Yema Lumumba, l'une des petites-filles de Patrice Lumumba, espère qu'une la justice belge se prononcera pour la tenue d'un procès dans l'assassinat de son grand-père en 1961.
La justice belge doit se prononcer le 17 mars sur la tenue d'un éventuel procès dans l'assassinat de Patrice Lumumba, il y a 65 ans.
Un seul suspect est encore en vie : l'ancien diplomate Etienne Davignon. Selon le parquet fédéral belge, il est soupçonné de "participation à des crimes de guerre" pour avoir pris part à "la détention ou au transfert illicite" de Patrice Lumumba.
Lors d'une audience, mardi (20.01), à huis clos, devant un tribunal de Bruxelles, les juges ont entendu les deux parties.
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Une partie de la famille de l'ex-Premier ministre congolais était sur place, dont Yema Lumumba, 33 ans, l'une des petites-filles de Patrice Lumumba, qui s'est exprimée au micro de la DW.
Pour elle, "la procédure judiciaire qui est en cours représente énormément pour la famille. Ce processus a été lancé par mon oncle il y a désormais plus de quatorze ans. Mon grand-père a été assassiné il y a plus de 65 ans. Donc c'est vraiment intergénérationnel et il est très important pour nous d'essayer de comprendre ce qui s'est passé, mais aussi d'essayer d'établir certaines responsabilités, ne fut-ce que d'un point de vue juridique. Et c'est une partie de ce qu'on est en train d'essayer de faire en ce moment précis."
Un combat transgénérationnel
Mardi, une dizaine de petits-enfants de Patrice Lumumba ont ajouté leurs noms en tant que parties civiles dans cette instruction, comme un passage de flambeau entre générations.
Pour Yema Lumumba, les jeunes héritiers de Patrice Lumumba doivent montrer "que le combat continue" pour ce grand-père héros d'une nation, et dont le nom confère des responsabilités.
"On a eu la chance de pouvoir enterrer mon grand-père dans le pays de ses ancêtres", rappelle-t-elle, alors que la relique de Patrice Lumumba a été inhumée dans un mausolée de Kinshasa en 2022.
Yema Lumumba explique qu'après "avoir eu la possibilité de faire enfin ce travail de famille biologique, c'était un peu comme si je donnais l'histoire de mon grand-père à tout le monde, au monde entier. Nous sommes sa famille biologique. Je suis une de ses petites filles. Mais quand il a été assassiné pour le Congo, quand il est mort pour ses idées, il n'est pas mort pour moi. Il est mort pour toutes les Congolaises, pour tous les Congolais qui viennent après. On a fait notre travail de famille biologique. Et ce que j'aimerais demander à tout le monde, c'est de faire leur part de travail de famille politique, idéologique, spirituelle. Nous sommes tous les descendants de Lumumba"