Congo-Kinshasa: Un millier de personnes poussées à fuir après le retrait de l'AFC/M23 à Uvira

En République démocratique du Congo (RDC), le retour des milices Wazalendo alliées à l'armée congolaise dans la ville d'Uvira a poussé environ un millier de personnes à fuir, principalement des Banyamulenge -- des Tutsis congolais -- ainsi que des personnes accusées d'avoir collaboré avec le mouvement armé AFC/M23. Nombre de ces déplacés ont trouvé refuge dans des villages situés dans la plaine de la rivière Ruzizi, notamment dans la cité de Kamanyola, où ils survivent sans assistance humanitaire.

Matthieu Kineza contemple sur son téléphone les images de ce qu'il reste de sa maison, détruite dimanche dernier à Uvira par des habitants en colère. « J'ai été attaqué chez moi, ma maison détruite, tous les objets de ma maison ont été saccagés, emportés par ceux qu'on appelle Wazalendo, avec des discours de haine contre la communauté Banyamulenge... »

Parmi les déplacés figurent de nombreux jeunes. Béatrice Nyinawinka, élève dans le secondaire, s'inquiète pour son avenir scolaire. « Je ne sais pas si on va poursuivre les études, vraiment je ne sais rien. Les parents n'ont pas de moyens. Les objets classiques, les habits... nous avons tout laissé à Uvira ».

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À Kamanyola, des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées occupent des bâtiments publics ou sont accueillis dans des familles.

Appel au retour des déplacés

Pour Mussa Ali Rutamu, acteur de la société civile d'Uvira, ces populations ont été manipulées par les rebelles. Il appelle les déplacés à rentrer. « Nous adressons un message clair et responsable aux Banyamulenge qui ont été contraints de quitter Uvira : Uvira reste toujours votre maison. Nous les appelons à rentrer chez eux dans le calme et la dignité, et surtout à refuser toute instrumentalisation politique ou militaire qui se sert de la population civile comme bouclier et comme prétexte à la violence ».

La société civile d'Uvira dénonce par ailleurs la recrudescence des tueries, attaques ciblées, vols et arrestations arbitraires, qui auraient repris de plus belle dans la deuxième ville du Sud-Kivu.

Elle s'alarme également de l'interruption du trafic entre Uvira et Bukavu, ainsi que du retour des barrières illégales sur la Route nationale n°5.

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