Ile Maurice: Rajesh Bhagwan fait appel aux citoyens - «Gard Moris prop»

La colère est palpable à Poste-Lafayette. Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, filmée par des habitants de la région, met en lumière l'état déplorable de la plage et de ses abords après les festivités des dernières semaines. Déchets abandonnés sur le sable, détritus emportés par le vent de l'autre côté de la route et une impression générale de laisser-aller qui choque autant les riverains que les visiteurs.

«Les gens jettent n'importe quoi sur la plage. Avec le vent tout se retrouve de l'autre côté de la route ! La compagnie qui nettoie nous dit : "pa nou travay lot kote larout". J'ai honte de voir l'état de la route surtout que de nombreux touristes l'empruntent », déplore une habitante. Une situation qui, selon elle, porte atteinte non seulement à l'environnement, mais aussi à l'image du pays.

Alerté par cette dénonciation citoyenne, le ministre de l'Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique, Rajesh Bhagwan, a rapidement réagi. Tout en rappelant le cadre légal qui régit l'intervention des différentes autorités, il a tenu à clarifier certains points.

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«Dans le cas spécifique de Poste-Lafayette, c'est normal que lorsqu'un contrat est alloué, c'est pour un espace précis. La Beach Authority, par exemple, pa kapav rant lor ninport ki terin netwaye an rezon bann implikasion legal ek osi kestion lasirans si zame enn emplwaye bles li kot li pa sipoze pe travay.»

Cependant, le ministre insiste : cette contrainte administrative n'a pas été une excuse à l'inaction. «Nanpes ki kan nounn pran konesans sa video kot enn sitoyenn pe denons sa polision-la, dan nou kote, nou pann res lebra krwaze. La police de l'Environnement inn al sir plas ek pe liaise avek otorite konserne.» Il déplore néanmoins le coût engendré par ces nettoyages répétitifs. «Pendant combien de temps allons- nous continuer comme ça ? Deployer des ressources pour pouvoir nettoyer seki lezot inn polie ? Sa kout nou de a trwa fwa plis ser, alor ki ti kapav realoue sa bann resours-la.»

Le message est clair et sans détour : «Mo redir li : salte so plas se dan poubel ! Si pena poubel, amenn ou bann dese kot ou. Gard Moris prop ! Ce n'est pas juste la responsabilité des autorités mais bien la responsabilité de tout un chacun.» Après l'intervention des autorités, la plage retrouve un visage plus propre, mais la question de la responsabilité citoyenne reste posée.

Rajesh Bhagwan rappelle également l'ampleur du travail accompli quotidiennement par la Beach Authority, qui assure l'entretien de 145 plages publiques à travers l'île. «On a constaté que les poubelles sur les plages publiques sont remplies en période de fêtes et durant les jours fériés.

C'est là que le problème de littering se pose», explique-t-il. Jeter ses déchets à côté d'une poubelle pleine, ou au pied de celle-ci, reste une forme de pollution à part entière, souligne-t-il, rappelant que les restes alimentaires attirent rongeurs et animaux errants.

Le ministre encourage ainsi une pratique simple mais efficace : rapporter ses déchets chez soi lorsque les poubelles sont pleines ou qu'il n'y en a pas. «Jeter ses déchets hors des poubelles coûte deux à trois fois plus cher aux contribuables alors que c'est tellement plus simple de les rapporter chez soi», insiste-t-il, citant l'exemple de pays ayant choisi de réduire drastiquement le nombre de poubelles dans les espaces publics afin de responsabiliser les citoyens.

Rodrigues est d'ailleurs mise en avant comme modèle avec son concept «Une plage est plus belle sans poubelle». Une philosophie que Maurice pourrait adopter progressivement. «Tou dimounn pou bizin les laplaz osi prop vwar ankor plis prop ki li ti trouv li.»

Dans cette optique, la Beach Authority travaille actuellement sur un nouveau concept : la plage autogérée. «Cela signifie que les autorités procurent les infrastructures de base, sans aucun service, dans le but de responsabiliser chaque usager, qui devra rapporter tous ses déchets chez lui à son départ», annonce le ministre.

Autre particularité : seules les ventes de produits locaux y seront autorisées. À Poste-Lafayette comme ailleurs, le message est lancé. Protéger le littoral ne peut plus être uniquement l'affaire des autorités. C'est avant tout un devoir citoyen.

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