Congo-Kinshasa: Le pays se rapproche de Washington sur les minerais

Le Président congolais Félix Tshisekedi et le Président américain Donald Trump
22 Janvier 2026

Le gouvernement congolais a transmis aux États-Unis une liste restreinte de minerais stratégiques ouverts aux investissements américains.

Alors que les rebelles de l'AFC-M23, soutenus par le Rwanda, occupent toujours une partie de l'est de la République démocratique du Congo, Kinshasa se rapproche de Washington.

Le gouvernement congolais a transmis aux États-Unis une liste restreinte de minerais stratégiques, ouverts aux investissements américains.

Une initiative qui s'inscrit dans la rivalité géopolitique autour des minerais critiques, alors que la paix reste hors de portée dans l'est du pays.

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Kinshasa pourrait ainsi proposer aux investisseurs américains les actifs détenus par les entreprises publiques, qui ne sont pas déjà engagés avec des entreprises étrangères.

Selon l'agence de presse Reuters, la liste transmise aux autorités américaines comprend notamment les permis de manganèse, d'or et de cassitérite de Kisenge, le projet cuivre et cobalt de Mutoshi de la Gécamines, les quatre permis aurifères de la Sokimo, les licences de lithium de la Cominière, ainsi que des actifs de coltan, d'or et de wolframite de la Sakima.

Cette démarche intervient un peu plus d'un mois après l'entérinement, le 4 décembre dernier à Washington, par les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame, de l'accord de paix, signé le 27 juin dernier.

Domination chinoise

Mais pour le Congo n'est pas à vendre, le CNPAV, il s'agit avant tout d'un arrangement économique, loin des priorités sécuritaires.

Jean-Claude Mputu, porte-parole de cette plateforme, note que "le président Trump l'a assez dit : ce qui l'intéresse, ce sont les minerais, c'est le business, c'est l'argent. Du côté du gouvernement congolais, il n'y a pas une véritable stratégie derrière. On veut tout faire pour séduire, pour que le président Trump intervienne. Mais l'expérience récente montre que malgré les accords de paix, la guerre continue et qu'il n'y a véritablement ni de volonté politique, ni d'engagement du côté américain pour résoudre la crise congolaise."

Les investisseurs américains sont désormais appelés à examiner ces projets, alors que des groupes chinois comme CMOC, Zijin ou Huayou dominent déjà la production de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo.

Pour l'analyste Henri-Pacifique Mayala, de l'institut congolais de recherche Ebuteli, la démarche américaine est d'abord géostratégique.

Selon lui, "aujourd'hui, avec la transition écologique, le développement technologique, c'est la course aux minerais stratégiques. Tout ce qu'essaient de faire les États-Unis, c'est de bloquer la chaîne d'approvisionnement de la Chine pour ralentir son développement dans ces secteurs-clés, notamment la production de batteries, de tout ce qui est automobile électrique et de toute autre technologie qui va avec."

La politique américaine des visas concerne aussi la RDC

La Nouvelle société civile du Congo s'interroge également sur la cohérence de cette démarche.

Son coordonnateur national, Jonas Tshiombela, estime que "malgré la domination chinoise dans le cuivre et le cobalt, la population congolaise ne tire encore que des bénéfices marginaux de cette exploitation. Faible transformation locale, emplois précaires, dégradation environnementale et recettes publiques mal redistribuées. Sans gouvernance minière transparente et orientée vers les valeurs ajoutées locales, changer des partenaires ne changera pas le sort des Congolais."

Dans l'est du pays, sous contrôle de la rébellion de l'AFC-M23, la paix reste hors de portée pour les habitants. Malgré ce rapprochement avec Kinshasa, Washington a récemment ajouté la RDC à la liste des pays dont certaines demandes de visas ne seront plus examinées.

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