Sous pression américaine, la Chine cherche de nouveaux débouchés. Résultat : ses produits inondent l'Afrique, creusant un déséquilibre commercial record, tandis que les exportations africaines vers Pékin progressent beaucoup plus lentement. Un virage stratégique qui interroge l'avenir industriel du continent.
En 2025, la Chine a porté son excédent commercial avec l'Afrique à un niveau historique : 102 milliards de dollars, soit environ 94 milliards d'euros, en hausse de près de 65 % en un an. En cause, une déferlante de produits manufacturés chinois - panneaux solaires, matériaux de construction, machines industrielles, équipements électroniques - qui a fait bondir les exportations.
Cette accélération s'explique en grande partie par la guerre commerciale avec les États-Unis. Sous l'effet des droits de douane imposés par Donald Trump, Pékin cherche des marchés de repli pour ses entreprises. L'Afrique, portée par sa croissance démographique, ses besoins massifs en infrastructures et une forte demande de biens à bas coût, s'impose comme un débouché stratégique.
90% des exportations constituées de matières premières
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Mais le déséquilibre demeure profond. Près de 90 % des exportations africaines vers la Chine restent constituées de matières premières - cuivre, pétrole, cobalt, or. Pékin a bien supprimé les droits de douane sur de nombreux produits africains, mais cela ne suffit pas à compenser le manque d'industrialisation locale et l'existence de barrières non tarifaires.
Résultat : des industries africaines fragilisées et un risque de dépendance durable. Une question centrale demeure : comment transformer ce déluge d'importations en véritable levier de développement local ?
