Les choses se précisent en Guinée-Bissau. Les élections présidentielle et législatives auront lieu le 6 décembre 2026. C'est par un décret du 21 janvier que le général Horta N'Tam, l'homme fort du pays, a annoncé la nouvelle. Et ce, suite à des pressions tous azimuts, notamment de la CEDEAO qui, par le truchement de plusieurs missions dans le pays, a toujours exigé un retour rapide à l'ordre constitutionnel après le coup d'Etat du 26 novembre.
Dans un communiqué publié le lundi 15 décembre 2025, à l'issue de la 68e session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement, l'organisation régionale a exigé la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et leur participation à tous les processus politiques, ainsi que la mise en place d'une transition de courte durée dirigée par un gouvernement inclusif, chargé d'entreprendre des réformes constitutionnelles, juridiques et politiques, et d'organiser des élections crédibles, transparentes et inclusives.
On se rappelle que le 6 décembre 2025, pendant que la proclamation officielle des résultats de la présidentielle était attendue et qu'Umaro Sissoco Embalo, le président sortant, et son opposant irréductible Fernando Dias se disputaient la victoire par médias interposés, un coup d'Etat a été perpétré à la stupeur générale, plongeant le pays dans des lendemains incertains.
Et aujourd'hui, si un accord a été trouvé avec la CEDEAO, c'est peut-être tant mieux. Beaucoup d'observateurs de la scène politique bissau-guinéenne estiment que, tant qu'à faire, autant pousser les militaires à la sortie, même s'il faut user d'un peu de patience. En réalité, on n'avait pas besoin de tout ce temps pour organiser des élections, tout le travail en amont ayant été déjà fait par le pouvoir déchu dans le cadre de la présidentielle qui a foiré. Mais autant les supporter jusqu'à la date butoire. Et comme la charte de la Transition signée par toutes les parties, à commencer par le maître des lieux, le général Horta NTam, prévoit que le président de la transition ne se représentera pas, le jeu en vaut la chandelle.
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Sauf que c'est un refrain beaucoup entendu et que ce genre de promesses n'engage que ceux qui y croient. On a vu le général Mamadi Doumbouya qui avait juré, la main sur le coeur, qu'il ne se présenterait pas mais qui, finalement, s'est fait élire le plus démocratiquement du monde avec 87 % des voix en décembre dernier.