Guinée Bissau: Suspension ou annulation, le flou demeure sur l'essai clinique d'un vaccin contre l'hépatite B

[Image d'illustration] Des chercheurs étudiant un virus.

C'est toujours le plus grand flou qui entoure un essai clinique très controversé en Guinée-Bissau. Menée par une équipe danoise et financée par les États-Unis, l'étude porte sur 14 000 nouveau-nés : la moitié reçoit dès la naissance un vaccin contre l'hépatite B, l'autre doit attendre six semaines. Une pratique qui suscite de vives critiques dans un pays où près de 20 % de la population est porteuse du virus.

En Guinée-Bissau, depuis plusieurs semaines, les annonces se succèdent : maintien, suspension, annulation ? Pour tenter d'y voir plus clair, le Africa CDC (Centre africain de contrôle et de prévention des maladies) a organisé jeudi 22 janvier une conférence de presse consacrée notamment à ce dossier. Sans pour autant lever les ambiguïtés.

Au coeur de la polémique, un financement de 1,6 million de dollars (un peu plus de 1,3 million d'euros) en provenance des États-Unis pour soutenir cette étude vivement contestée par une partie de la communauté médicale internationale. L'essai devait initialement débuter il y a plusieurs semaines, avant d'être annoncé comme suspendu - une information démentie ensuite par ses instigateurs danois auprès de RFI.

« Nous avons décidé d'annuler cette étude, pas seulement pour des questions techniques, mais aussi parce que le partage des informations ne favorisait pas nécessairement la population guinéenne », indique Quinhin Nantote, ministre bissau-guinéen de la Santé publique.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

« Une décision souveraine de la Guinée-Bissau »

« Annulé », le terme est clair, mais quelques secondes plus tard, la visioconférence se fige : image bloquée, son coupé. Prenant alors la parole, Jean Kaseya, directeur du Africa CDC, nuance : « Il y a sans doute un problème de connexion, mais le ministre a utilisé deux mots : suspendue et annulée. L'essai est suspendu -- ou annulé -- dans l'attente d'un examen technique ».

Par la suite, Quinhin Nantote continuera pourtant d'employer à plusieurs reprises le mot « annulé », tout en reconnaissant, au détour d'une phrase, que la décision finale n'était pas arrêtée.

Résultat : l'avenir de l'essai demeure donc toujours incertain. D'autant plus que les autorités sanitaires américaines maintiennent que, de leur point de vue, l'étude « se fera ». Une position sur laquelle Jean Kaseya insiste : « Il s'agit d'une décision souveraine de la Guinée-Bissau ».

AllAfrica publie environ 400 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.