Aux États-Unis, la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants a dédié jeudi 22 janvier une session spéciale à la situation dans l'Est de la RDC. Le 4 décembre dernier les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame ont signé à Washington sous l'égide de Donald Trump un accord de paix présenté comme « historique » mais qui n'a pas mis un terme aux violents affrontements qui opposent l'armée congolaise aux combattants de l'AFC/M23 dans l'Est du pays.
C'est dans ce contexte que la sous-secrétaire adjointe américaine aux Affaires africaines Sarah Troutman a été auditionnée par la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants. La session est ouverte par le républicain Chris Smith qui dénonce « ceux qui agissent pour saper cet accord et embarrasser les États-Unis », tapant littéralement du poing sur la table. « Tenez votre parole ! », lance-t-il aux belligérants
« Les déclarations du président [Donald] Trump annonçant qu'il a mis un terme au conflit ne reflètent pas la réalité du terrain », relève la démocrate députée de californie Sara Jacobs, inquiète que la société civile soit exclue des accords de paix.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
La démocrate s'inquiète aussi des rapports qui font état de représailles ciblant la communauté banyamulengue par milices wazalendo, alliées du gouvernement congolais et des conséquences des coupes américaines dans le budget de l'aide humanitaire.
« La RDC continue de collaborer avec les FDLR et le Rwanda continue de soutenir le M23 » déplore-t-elle. « Quelles sanctions prendrez-vous pour forcer Kigali à respecter les accords ? » interroge-t-elle
« On en discute au plus haut niveau, toutes les options sont sur la table » répond la sous-secrétaire adjointe aux Affaires africaines Sarah Troutman, sans citer de mesures concrètes, ni de calendrier. Mais en ajoutant que le retrait du M23 d'Uvira n'est pas suffisant.
Interrogée sur le rôle de la Chine qui profiterait du conflit selon les sénateurs pour « exploiter les ressources » de l'est congolais, la sous-secrétaire adjointe aux Affaires africaines Sarah Troutman répond : « Notre action en RDC vise à sécuriser notre chaîne d'approvisionnement et réduire notre dépendance vis-à-vis de nos concurrents notamment chinois. »