Sénégal: Budget 2026 - Gestion budgétaire et discipline financière, rigueur et efficacité, les nouveaux marqueurs

23 Janvier 2026

Avec un taux d'exécution budgétaire proche de 90 % en 2025, le Sénégal affiche des performances encourageantes, malgré un contexte économique contraint. Hier, à l'occasion de l'atelier de lancement de la gestion budgétaire 2026, le directeur de cabinet du ministre des Finances, Bassirou Sarr, a présenté les orientations d'une gouvernance des finances publiques davantage fondées sur la rigueur, la transparence et la recherche de performance, conformément aux objectifs de l'Agenda « Sénégal 2050 ».

« Nous pourrions atteindre un taux d'exécution proche de 90 %, ce qui est satisfaisant », s'est réjoui Bassirou Sarr, ce mercredi 22 janvier, devant les acteurs de la chaîne de la dépense publique. Un résultat d'autant plus notable que l'exercice 2025 s'est déroulé « dans un environnement marqué par de fortes contraintes et des incertitudes persistantes ».

Selon le directeur de Cabinet, cette performance reflète la mobilisation soutenue des régies financières, lesquelles « ont consenti des efforts très importants en matière de mobilisation des recettes », ainsi que le respect de la trajectoire gouvernementale « fondée sur la discipline budgétaire, la maîtrise des engagements, la prudence dans le financement et la priorité accordée aux politiques essentielles ».

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Il a à cet égard salué « l'engagement et la rigueur » de l'ensemble des administrations, qui ont permis de conduire l'exercice 2025 « à son terme, conformément aux équilibres essentiels visés et dans le respect de la crédibilité de l'action publique ».

Cap sur 2026

Le budget 2026 marque un moment charnière dans la vision à long terme retenue par les autorités. « Il s'inscrit dans la continuité de cette dynamique de redressement et de transformation », a souligné Bassirou Sarr, rappelant son inscription dans le nouveau cadre stratégique porté par « l'Agenda national de transformation Sénégal 2050, la Stratégie nationale de développement 2025-2029 et le Plan de redressement économique et social ».

Les perspectives reposent sur cinq priorités, à savoir « maîtriser la dépense publique », « encadrer l'endettement afin de préserver la soutenabilité financière », « financer les priorités nationales définies par le nouveau référentiel stratégique », « améliorer la sincérité, la traçabilité et la qualité de la dépense publique » et « poursuivre l'apurement des arriérés afin de renforcer la confiance des acteurs économiques ».

Réformes structurelles

Au-delà des agrégats financiers, une réforme structurelle de l'appareil budgétaire se dessine. « L'une des innovations majeures introduites dans la loi de finances initiale 2026 concerne le reclassement des dépenses de fonctionnement, notamment la requalification des transferts courants en acquisitions de biens et services, ainsi que le reclassement des transferts en capital en investissements exécutés par l'État », a précisé le directeur de cabinet.

Cette réforme vise à « refléter, dans les comptes publics, la nature économique réelle des dépenses » et à « renforcer la crédibilité des finances publiques ». Elle permettra également de « retracer l'ensemble des actifs non financiers de l'État » et « d'améliorer la qualité des documents budgétaires de l'État du Sénégal ».

Un rôle plus stratégique

Un autre axe de la réforme concerne le repositionnement de la Direction générale du Budget. « Le rôle de la DGB, aujourd'hui, est d'aller davantage vers l'assistance », a expliqué Bassirou Sarr.

« Au lieu de se limiter au contrôle de la régularité des dépenses, il s'agit de renforcer notre rôle de conseiller financier auprès des ministères et institutions de la République afin de faciliter l'exécution budgétaire. »

Cette approche vise à garantir « la sérénité dans l'exécution des dépenses », condition essentielle à l'atteinte des objectifs. « L'élément fondamental, c'est précisément cette sérénité dans l'exécution des dépenses », a-t-il insisté.

Exécuter mieux et plus vite

Dans cette logique, des mesures ont été prises pour accélérer les procédures. Le gouvernement a pris « les mesures nécessaires pour réduire les délais de traitement au niveau de la Direction du contrôle budgétaire, de sorte que les dossiers soient instruits dans les meilleurs délais ». « Il n'est plus souhaitable d'observer des délais de traitement excessivement longs », a rappelé le directeur de cabinet.

Cette accélération reste toutefois conditionnée au respect strict des règles. « Les dossiers soumis doivent être d'excellente qualité et ne présenter aucune irrégularité, faute de quoi des lenteurs dans l'exécution des dépenses pourraient survenir », a-t-il averti.

Transparence et confiance

« Nous avons développé une culture de sérénité et d'efficacité dans l'exécution de la dépense publique ; c'est l'un de nos principes directeurs », a déclaré Bassirou Sarr, avant d'ajouter : « L'autre priorité est le renforcement de la transparence dans la gestion des finances publiques. »

Selon lui, cette exigence conditionne « la capacité de l'État à transformer le budget voté en résultats concrets » et à « renforcer durablement la crédibilité de l'État ainsi que la confiance des citoyens ».

Conscient des défis liés à la conduite du changement induite par ces innovations, le directeur de cabinet a appelé à « un renforcement du rôle de conseil et d'assistance auprès des entités publiques, afin que ces transformations n'entraînent pas de retards dans l'exécution des dépenses ».

Il a conclu sur une note de confiance : « Si chacun fait preuve d'un véritable sens du devoir et d'un engagement sincère en faveur du développement de notre pays, alors tout devient possible », affirmant sa conviction quant à la capacité de l'État sénégalais à atteindre ses objectifs en matière de gestion des finances publiques.

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