Le Syndicat des médecins privés du Sénégal (SYMEPS) a ouvert, jeudi 22 janvier, son tout premier congrès scientifique, plaçant les débats sous le thème ambitieux : « Souveraineté sanitaire, stratégie et modèle pour le secteur privé médical ». Une rencontre historique qui a réuni autorités sanitaires, professionnels de santé, universitaires et délégations venues de plusieurs pays de la sous-région.
Présidant la cérémonie d'ouverture, le ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a salué une « étape majeure » pour le système de santé sénégalais. Il a rappelé que la souveraineté sanitaire constitue un pilier central de l'Agenda national de transformation Sénégal 2050, décliné à travers le masterplan 2025-2030 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029.
Pour le ministre, la pandémie de Covid-19 a démontré que « la santé est la première des souverainetés », condition indispensable au développement, à la stabilité et à la protection des populations.
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Dr Ibrahima Sy a souligné le rôle stratégique du secteur privé, qui représente près de 45 % de l'offre de soins et emploie plus de 35 000 agents. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats public-privé, de promouvoir la production nationale de médicaments et de dispositifs médicaux, d'accélérer la digitalisation du système de santé et de développer la télémédecine.
Plusieurs réformes majeures sont en cours, notamment la révision de la nomenclature des actes professionnels, la mise à jour des honoraires médicaux, la réforme hospitalière et l'actualisation du code de la santé, afin de créer un environnement plus favorable à l'investissement privé.
De son côté, le président du SYMEPS, Dr Abdou Kane Diop, a plaidé pour une inclusion « quasi fusionnelle » du secteur privé et du secteur public, condition indispensable à l'atteinte de la souveraineté sanitaire
. Selon lui, l'objectif fondamental est de garantir à chaque citoyen, du monde rural aux centres urbains, un accès équitable à des soins de qualité, indépendamment du niveau de revenu ou du lieu de résidence.
Rappelant les nombreuses innovations portées par le privé médical au Sénégal, Dr Diop a mis en lumière les défis persistants liés au financement, au cadre statutaire, à la rémunération des actes médicaux et à la régulation des tiers payants.
Il a appelé à des réformes réfléchies, protectrices et cohérentes, fondées sur une véritable intelligence économique sanitaire, afin de bâtir un système « résilient, insubmersible et centré à la fois sur le patient et le prestataire ».