Ile Maurice: L'étau judiciaire se resserre autour d'Ashik Jagai

Dans les couloirs du tribunal de Port-Louis, le nom d'Ashik Jagai continue de résonner comme le symbole d'une époque trouble au sein de la police. Le mercredi 21 janvier, l'ancien chef de la redoutée Special Striking Team (SST) a vu son avenir judiciaire se rapprocher d'un moment charnière : deux dossiers sensibles, issus des enquêtes de la Financial Crimes Commission (FCC), s'apprêtent à atterrir sur le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP).

Devant le magistrat Prashant Bissoon, la FCC a fait savoir que l'enquête principale liée au scandale de reward money était désormais close. Tous les témoins ont été entendus, les pièces rassemblées, les derniers détails consignés.

D'ici deux semaines, le rapport final sera transmis au DPP, une étape décisive, car c'est de cette lecture que dépendra l'ouverture éventuelle d'un procès devant la Financial Crimes Division de la cour intermédiaire. L'affaire a été renvoyée au 3 juin.

Arrêté le 13 août 2025, Ashik Jagai fait face à trois accusations provisoires de public official making use of his position for gratification. Les enquêteurs estiment qu'il aurait recommandé des paiements excédentaires totalisant Rs 86 millions, détournant ainsi un système de récompenses conçu à l'origine pour les informateurs.

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À ce dossier lourd se greffe un autre : la FCC a également achevé l'enquête portant sur le non-respect d'une condition de remise en liberté sous caution. Là encore, le dossier sera transmis au DPP dans le même délai.

Selon l'accusation, le haut gradé aurait interféré avec un témoin, en l'occurrence le comptable de son fils, entre les 3 et le 5 septembre 2025. Un soupçon qui, s'il est confirmé, toucherait au cœur même du fonctionnement de la justice.

Pour Ashik Jagai, ancien homme fort d'une unité aujourd'hui dissoute, l'heure n'est plus aux démonstrations d'autorité mais à l'attente, silencieuse et tendue, d'une décision qui pourrait sceller son destin judiciaire.

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