Gabon: Le pays veut aboutir à «un programme économique de croissance avec l'appui du FMI»

Depuis quelques jours, le Gabon multiplie les annonces sur le plan économique. Le ministre de l'Économie Thierry Minko, en poste depuis le remaniement du 1er janvier dernier, semble vouloir rompre avec la politique de son prédécesseur. Il a notamment affirmé dans un communiqué publié mercredi 21 mars, dans la soirée, « vouloir mettre en oeuvre un programme économique de croissance avec l'appui du FMI ».

C'est un signal de changement de position sans équivoque et une main tendue vers le Fonds monétaire international (FMI), décrypte Cédric Jiongo analyste spécialiste de la sous-région.

« Il y a eu beaucoup d'événements qui ont démontré que, s'il n'y a pas un soutien financier conséquent, il sera difficile pour le Gabon de pouvoir atteindre ses objectifs budgétaires, mais aussi d'honorer les échéances sur sa dette extérieure, estime l'analyste. Donc, il faut impérativement un programme avec le Fonds monétaire international. Et je pense que c'est ce signal-là que le président a envoyé aux partenaires, en remerciant son ministre des Finances [et] en nommant un nouveau qui, immédiatement, dès sa prise de fonction. Alors, peut-être pas de manière peu protocolaire, affirme clairement sa volonté de renouer avec les institutions de Bretton Woods. »

« Rassurer l'opinion internationale »

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Le Gabon annonce également le rapatriement de 270 millions de dollars de fonds de restauration de la Gabon Oil Company. La Cemac souhaite généraliser ce type de rapatriement. L'assemblée extraordinaire de Brazzaville la encore mis en exergue hier.

Les économistes y voient un geste d'apaisement envers les partenaires régionaux. « Il s'agit évidemment d'un communiqué qui tente de rassurer l'opinion internationale et nationale. Il s'agissait évidemment de faire taire un certain nombre de critiques émanant de certains pays qui accusent le Gabon d'être en partie responsable de la situation actuelle du compte d'opérations qui tend vers le rouge, juge le professeur Zomo Yebe. Bien évidemment, avec un taux d'endettement de 80 %, il y a un assèchement des devises dans la plupart des pays de la sous-région. »

Les analystes voient également dans ces annonces un message aux populations, au moment où les mouvements sociaux se multiplient. Les opposants estiment que la réalité budgétaire frappe le gouvernement, tout en mettant en garde contre les conséquences d'une austérité trop brutale.

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