Les statistiques publiées par la Banque de Maurice dans son Monthly Statistical Bulletin de décembre 2025 permettent de mesurer l'évolution récente des investissements directs étrangers (IDE) à Maurice, hors Global Business. Elles mettent en lumière une question centrale : au vu des performances du premier semestre 2025, l'année en cours pourra-t-elle égaler, voire dépasser, le niveau atteint en 2024 ?
Sur l'ensemble de l'année 2024, les flux d'IDE ont totalisé Rs 32,9 milliards, en net recul par rapport aux sommets enregistrés en 2022 (Rs 43,4 milliards) et 2023 (Rs 37 milliards), années marquées par un fort effet de rattrapage post-pandémie.
Malgré ce reflux, le niveau de 2024 est resté historiquement élevé par rapport aux années antérieures à la crise sanitaire, confirmant la capacité de Maurice à attirer des capitaux étrangers, même dans un environnement international plus contraignant.
Pour le premier semestre 2025, les entrées d'IDE se sont élevées à Rs 15,6 milliards. Comparé au total annuel de 2024, ce montant représente environ 47 % des flux de l'année précédente.
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En l'absence d'une accélération significative au second semestre, il apparaît donc peu probable, selon les spécialistes, que 2025 atteigne mécaniquement le niveau de 2024. À titre indicatif, pour égaler le résultat de 2024, Maurice devrait attirer plus de Rs 17 milliards d'IDE supplémentaires sur les six derniers mois de l'année. Les chiffres du second semestre sont en cours de compilation et seront connus dans les prochaines éditions du bulletin mensuel de la Banque de Maurice.
L'analyse sectorielle révèle une forte concentration des IDE dans l'immobilier, qui demeure de loin le principal secteur d'absorption des flux entrants. En 2024, l'immobilier - incluant les Integrated Resort Scheme, Real Estate Scheme et Property Development Scheme - a représenté la majorité des investissements directs, confirmant une tendance structurelle observée depuis plusieurs années.
Si ce secteur continue de soutenir les chiffres globaux, il pose néanmoins la question de la diversification des IDE vers des activités plus productives et créatrices d'emplois durables, telles que l'industrie, les technologies ou encore les services à forte valeur ajoutée.
Sur le plan géographique, les pays développés restent les principaux investisseurs. En 2024, ils ont contribué à hauteur de Rs 32,9 milliards, contre Rs 15,6 milliards pour le premier semestre 2025.
L'Europe domine largement, avec Rs 24,8 milliards en 2024 et Rs 9,9 milliards sur les six premiers mois de 2025. Le Luxembourg, la France et le Royaume-Uni figurent parmi les sources majeures, bien que leurs flux soient marqués par une forte volatilité. Les économies en développement, notamment celles de l'Afrique et de l'Asie, affichent des montants plus modestes, malgré le positionnement stratégique de Maurice comme plateforme régionale.
En définitive, si le premier semestre 2025 confirme la résilience de l'attractivité mauricienne, les chiffres disponibles suggèrent une trajectoire encore insuffisante pour égaler 2024 sans un net regain d'investissements au second semestre. La capacité du pays à diversifier à la fois ses sources et ses secteurs d'IDE sera déterminante pour soutenir une croissance plus équilibrée et durable.