À mesure que Maurice accélère sa transition énergétique, la question des compétences devient centrale : qualité des installations, sécurité, conformité, intégration au réseau et performance sur la durée. C'est dans cette logique que l'université de Maurice (UoM) propose la formation intitulée Photovoltaic Energy Systems - Advanced, un programme de 30 heures, non diplômant, mais approuvé par la Mauritius Qualifications Authority et au tarif de Rs 30 000.
Le contenu annoncé mise sur un équilibre entre fondamentaux et mise en application : principes du photovoltaïque (PV), dimensionnement holistique des composants, choix des équipements et exigences de sécurité. La formule s'appuie sur des cours interactifs, des séances expérimentales avec du matériel PV, des simulations informatiques, des études de cas et des visites de sites. Des fiches de conception ainsi qu'un outil de modélisation seront remis aux participants afin de renforcer leur capacité à concevoir, analyser et optimiser des systèmes photovoltaïques dans des conditions réelles.
L'UoM saluée pour l'initiative
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Si le solaire entend désormais s'imposer comme une composante à part entière du mix électrique et un pilier de la transition, elle soulève néanmoins des défis techniques : intégration au réseau, intermittence de la production, qualité des installations, conformité, maintenance et exigences de sécurité. Dans ce contexte, les autorités concernées voient d'un bon oeil l'implication de l'université : «Voir l'UoM embarquer les étudiants et les professionnels dans cette filière ne peut être que de bon augure. La sécurité énergétique est un enjeu et un défi pour le pays, tout l'écosystème pousse actuellement vers la sécurité énergétique et le solaire.» Derrière cet encouragement, une ligne politique se confirme : porter la part des énergies renouvelables à 60 % d'ici 2035.
Le ministre de l'Enseignement supérieur, Kaviraj Sukon, a rappelé qu'en juin, la Higher Education Act a été amendée afin de reconnaître les microcredentials : «Ce format est une réponse directe au mismatch de compétences. Il permet aux étudiants d'acquérir des compétences ciblées, alignées sur les besoins réels de l'industrie.» Yatindra Kumar Ramgolam, Associate Professor à l'UoM et formateur du programme, a replacé la démarche dans une tendance mondiale : «Selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, la capacité mondiale de production d'électricité a atteint environ 8,96TW en 2023, dont 3,87TW, soit 43,2%, proviennent de sources renouvelables.
Les données montrent en outre que le solaire photovoltaïque s'est imposé comme la forme d'énergie renouvelable la plus dynamique et prometteuse, avec une progression de plus de 1 200 % sur la dernière décennie, passant de 104,3 GW en 2012 à 1,42 TW en 2023. La capacité installée mondiale est projetée à 2,84TW d'ici 2030 et à 8,52TW d'ici 2050.» Il a souligné l'importance du renforcement des compétences locales: «L'objectif est d'initier les participants aux principes de design et de modélisation appliqués aux systèmes photovoltaïques. Un accent est mis sur la conception et la simulation de différents types de systèmes PV.»
Dispositifs CEB
Le photovoltaïque progresse aussi grâce à plusieurs mécanismes d'appui (kits financés, crédits sur facture, projets ciblés). Le Central Electricity Board Agrivoltaics (CAV) II, combine production agricole et production d'électricité, tout en limitant les effets de l'intermittence sur le réseau grâce à des installations hybrides (PV + batteries). Le dispositif est réservé aux planteurs et aux agriculteurs enregistrés, avec une capacité allouée de 40 MW pour Maurice et 2 MW pour Rodrigues. Les projets retenus doivent se situer entre 500 kWac et 4 MWac. Le Home Solar Project Phase 2B, inscrit dans la Renewable Energy Roadmap 2035, s'adresse aux ménages. Un kit PV est installé gratuitement, l'investissement ainsi que l'opération et la maintenance étant pris en charge. Sur une durée de vingt ans, le bénéficiaire obtient chaque mois un crédit correspondant à 100 kWh sur sa facture d'électricité.
Deux schémas visent des structures non domestiques. Le RE Scheme for NGOs and Charitable Institutions Phase 2 prévoit le déploiement d'au moins 2 MW cumulés d'installations, avec prise en charge des coûts et un crédit mensuel équivalant à 50 % de l'énergie produite et exportée, sur 20 ans. Le RE Scheme for Religious Bodies Phase 2 suit le même principe, avec un objectif d'au moins 4 MW cumulés.
Pour rappel, l'Agence française de développement a versé Rs4,3milliards en2025. L'énergie figure parmi ses priorités, avec un appui au CEB pour moderniser le réseau et intégrer davantage de photovoltaïque.