En 2024, la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale (Dgpjs) a pris en charge 17 057 mineurs, dont 2792 en conflit avec la loi, 13 419 en danger et 814 mineurs victimes. Dans cet entretien exclusif accordé au « Soleil », la directrice générale de la Dgpjs, la magistrate Aïssé Gassama Tall, revient sur les missions et les orientations de l'institution. En collaboration avec ses partenaires, elle oeuvre activement pour la protection des enfants vulnérables, notamment ceux en conflit avec la loi, en danger ou victimes. Elle a assuré que sa direction « continuera d'assumer pleinement sa part, avec rigueur, détermination et sens du service public, afin que chaque enfant au Sénégal puisse grandir dans la dignité, la sécurité et l'espoir ».
Quelles sont les missions assignées à la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale ?
La Direction générale de la Protection judiciaire et sociale (Dgpjs) constitue l'organe central du ministère de la Justice chargé de concevoir, de mettre en oeuvre et d'assurer le suivi de la politique publique de protection judiciaire et sociale des mineurs victimes, témoins, en conflit avec la loi, ainsi que des jeunes majeurs de moins de 21 ans en danger. Elle est également désignée autorité centrale compétente en matière d'adoption internationale chargée d'instruire les demandes d'adoption, d'organiser les sessions d'apparentement et de saisir les autorités judiciaires compétentes. Aux termes du décret n° 2004-792 du 26 mars 2004 modifiant le décret n° 2023-679 du 23 mars 2023, la Dgpjs est également chargée du contrôle, de l'agrément, de l'instruction de l'ouverture et de la fermeture des établissements et institutions publics et privés de protection accueillant ou hébergeant des enfants. Elle coordonne l'ensemble des acteurs institutionnels et associatifs intervenant dans la prévention de la délinquance juvénile, la prise en charge éducative et sociale des mineurs en conflit avec la loi, des enfants en danger et des jeunes en situation de vulnérabilité. Elle supervise l'exécution des mesures d'éducation, d'assistance, de surveillance et de réinsertion décidées par les juridictions en veillant au respect strict des droits fondamentaux garantis par la Constitution, les lois nationales et les instruments internationaux ratifiés par le Sénégal, notamment la Convention relative aux droits de l'enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant. En 2024, la Dgpjs a pris en charge 17 057 mineurs, dont 2792 en conflit avec la loi (2640 garçons et 152 filles), 13 419 en danger (7455 garçons et 5964 filles) et 814 mineurs victimes (229 garçons et 585 filles).
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Combien de centres existent à travers le pays et quel est leur champ d'action ?
La protection judiciaire et sociale repose sur le dispositif suivant : six services d'Inspection de l'éducation surveillée et de la protection sociale (Iesps), chargés du contrôle et de l'encadrement des personnels de la Dgpjs et de toutes les institutions publiques ou privées recevant ou hébergeant des mineurs. Ils instruisent et suivent également les dossiers relatifs à la création et à la construction d'établissements accueillant des enfants en situation de vulnérabilité. Ces services sont localisés dans les ressorts des cours d'appel de Dakar, Thiès, Saint-Louis, Kaolack, Tambacounda et Ziguinchor. Aussi, 48 services d'Action éducative en milieu ouvert (Aemo), sont installés auprès des tribunaux de grande instance et des tribunaux d'instance. Les services Aemo constituent le premier maillon du dispositif, assurant la mise en oeuvre des programmes de prévention, de protection, de médiation, de réinsertion et de réadaptation sociales.
Par leur action multiforme sur le terrain, ils contribuent efficacement à la prise en charge des enfants placés, par décision judiciaire, dans les Cas, les Cp, les Cs, les Cpa et au sein des familles. Par ailleurs, quatre Centres de sauvegarde (Cs), situés à Cambérène, Pikine-Guédiawaye, Thiès et Ziguinchor (Kandé), accueillent, conformément aux dispositions du décret n° 81-1047 ainsi qu'aux articles 293 du Code de la famille et 593 du Code de procédure pénale, des mineurs délinquants et des jeunes en danger. Ils assurent la rééducation, la réhabilitation, la prévention de la délinquance juvénile et la réinsertion des jeunes formés.
De même, trois Centres polyvalents (Cp), sis à Thiaroye (réservé exclusivement aux jeunes filles), Diourbel et Kaolack, reçoivent, sur décision judiciaire et dans le cadre de la prévention élargie, les enfants en conflit avec la loi ou en danger. Ces centres privilégient l'accueil, l'observation et la mise en oeuvre de projets éducatifs, à travers des méthodes psycho-éducatives appropriées, ainsi que la réinsertion sociale. Les offres éducatives comprennent l'enseignement technique et professionnel, l'initiation et la formation professionnelles, mais aussi l'instruction scolaire. Un Centre d'adaptation sociale (Cas), situé à Nianing (Mbour), accueille des mineurs garçons placés par décision judiciaire.
Il a pour vocation d'assurer leur éducation et leur rééducation par la mise en oeuvre de techniques psycho-éducatives appropriées. Outre le bloc scolaire, il dispose d'ateliers de formation et d'initiation professionnelles. Également, cinq Centres de premier accueil (Cpa), installés à Dakar, Saint-Louis, Ziguinchor, Rufisque et Nianing, reçoivent en urgence, pour une durée maximale de trois mois, des garçons et des filles âgés de 6 à 18 ans, victimes, témoins ou en danger, sous le régime de l'internat. Un personnel pluridisciplinaire composé d'environ 600 agents - éducateurs spécialisés, enseignants, maîtres d'enseignement technique et professionnel, travailleurs sociaux, infirmiers, lingères, cuisinières, etc. - assure la prise en charge des enfants en internat et en demi-pension. Je profite de l'occasion pour les remercier de leur engagement et de leur dévouement.
À voir le nombre de mineurs attraits devant la barre, on a l'impression que leur détention est presque la règle et le placement dans un centre de prise en charge une exception, contrairement aux dispositions de l'article 576 du Code de procédure pénale. Quelle alternative pour renverser cette tendance ?
Bien que l'article 576 du Code de procédure pénale consacre le caractère exceptionnel de la détention des mineurs, la pratique révèle encore une tendance à y recourir de manière excessive. En 2024, 1.553 mineurs ont été en conflit avec la loi, dont 1.447 pour des faits de vol simple ou de vol aggravé. Cette délinquance juvénile est essentiellement masculine, avec 94,8 % de garçons contre 5,2 % de filles. Cependant, 1.260 enfants ont été placés sous mandat de dépôt. Cette tendance très préoccupante s'explique par plusieurs facteurs : l'insuffisance des centres de prise en charge des enfants avec une répartition territoriale inégale - les régions de Tambacounda, Kolda, Kédougou et Matam n'en disposent pas - une appropriation insuffisante des textes, une absence de spécialisation ainsi que la complexification croissante des problématiques sociales et de la délinquance. Pour inverser cette tendance, la Direction générale a entrepris des visites auprès des magistrats afin de promouvoir les mesures alternatives, particulièrement le placement dans les centres et le suivi en milieu ouvert. Un vaste programme de formation des acteurs impliqués dans les procédures judiciaires concernant les enfants (magistrats, officiers de police judiciaire) est également en cours d'exécution.
En 2025, combien de mineurs avez-vous pris en charge et pour quel type de problème ?
Nous ne disposons pas encore des données complètes de l'année 2025. Celles de 2024 révèlent que la Dgpjs a pris en charge 17.052 enfants. Près de 70 % des mineurs sont suivis en milieu ouvert par les services Aemo contre 30 % accueillis dans les centres d'hébergement. Ce déséquilibre s'explique par la disproportion entre les 48 services Aemo et les 12 centres existants. Les mineurs en conflit avec la loi représentent une part importante des prises en charge : 3.198 enfants suivis en milieu ouvert contre seulement 147 hébergés dans les centres. Leur nombre a augmenté de 553 enfants par rapport à 2023 ; ce qui interpelle sur l'évolution des vulnérabilités sociales et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention. À l'inverse, les mineurs en danger, victimes ou témoins ont connu une légère baisse de 259 cas par rapport à l'année précédente.
Toutefois, 88 % des enfants victimes sont suivis en milieu ouvert ; ce qui confirme l'importance stratégique de la proximité et de l'accompagnement familial. Derrière ces chiffres se cachent un enfant, une histoire, une souffrance et un espoir. Ils soulignent également l'engagement admirable des éducateurs spécialisés, des travailleurs sociaux et de l'ensemble du personnel de la Dgpjs qui oeuvrent, chaque jour, pour offrir à ces enfants une chance réelle de se reconstruire.
Comment est assurée la protection des enfants pris en charge ?
La protection des enfants constitue un principe fondamental de l'action de la Direction générale. Elle se traduit par des mesures strictes garantissant l'anonymat, la protection des données personnelles, la sécurité physique et psychologique ainsi que la prévention de toute forme de stigmatisation. La formation continue des professionnels, soutenue par les partenaires techniques et financiers, constitue un levier essentiel pour garantir une prise en charge conforme aux standards internationaux. Quelles sont les priorités de votre direction pour cette année 2026 ? Nos priorités pour cette année s'articulent autour de quatre axes majeurs.
Il s'agit d'abord de renforcer le maillage territorial et d'augmenter la capacité d'accueil des structures, afin de réduire les disparités régionales et d'assurer une prise en charge de proximité. À cet égard, nous ouvrirons, en janvier 2026, les Centres de premier accueil de Rufisque et de Nianing (Mbour), des départements qui en étaient dépourvus malgré une forte demande. Les travaux de construction de deux dortoirs au Centre de premier accueil de Ziguinchor sont achevés. La capacité d'accueil y augmentera considérablement, passant de 20 à 100 pensionnaires.
En outre, avec l'appui de l'Agence italienne pour la coopération au développement, nous construirons trois autres Cpa à Dakar, Kolda et Tambacounda, d'autant plus que ces deux dernières régions sont totalement dépourvues de structures publiques de prise en charge des enfants, lesquels sont actuellement transférés soit au Centre polyvalent de Kaolack, soit à celui de Diourbel. Cet éloignement ne favorise pas toujours la resocialisation de l'enfant. La Direction générale entend également consolider les mesures alternatives à la détention et promouvoir une justice adaptée à l'enfant, laquelle est fondée sur l'éducation et la réinsertion. Elle souhaite, enfin, intensifier les actions de formation du personnel et de sensibilisation à l'attention des magistrats.
Quelles sont les régions qui ont enregistré les taux les plus élevés de détention de mineurs ?
Les régions ayant enregistré les taux les plus élevés de détention de mineurs sont celles où la pression démographique, l'urbanisation rapide et les vulnérabilités sociales sont les plus marquées. La région de Dakar arrive en tête avec 12 services déconcentrés représentant 18,18 % du dispositif national. Elle est suivie de Thiès (10,60 %) et Ziguinchor (9,09 %). Les régions de Saint-Louis, Kaolack et Tambacounda représentent chacune 7,57 % des services, tandis que Diourbel et Kaffrine en comptent 6,06 %. Les autres régions disposent chacune de trois services, soit 4,54 % du total. Ces données ne traduisent pas uniquement la délinquance juvénile, mais aussi la capacité de repérage et de prise en charge des situations. Elles rappellent la nécessité de renforcer les alternatives à la détention et de soutenir davantage les familles et les communautés.
Depuis que vous êtes à la tête de la Dgpjs, quel est le cas de mineur qui vous a le plus marqué ?
Il y en a beaucoup, et cela s'explique par le fait qu'il s'agit d'enfants, des êtres vulnérables, confrontés à des situations de violence, de précarité et d'instabilité familiale extrêmes. Toutefois, ce qui m'interpelle le plus, c'est que les enfants pris en charge sont de plus en plus jeunes. Malgré des trajectoires souvent marquées par la violence, l'errance ou l'abandon, ces enfants parviennent à se reconstruire grâce à une prise en charge adaptée. En 2025, nous avons enregistré d'excellents résultats aux différents examens et concours nationaux auxquels les enfants ont participé : 55,07 % de réussite au Cfee, 70,96 % à l'Entrée en sixième, 52,89 % au Bfem et 73,21 % au Certificat d'aptitude professionnelle (Cap).
Ces situations illustrent la responsabilité collective qui nous incombe et démontrent qu'une politique publique bien conçue, adossée à des dispositifs concrets et à des professionnels engagés, peut transformer une vie. Elles rappellent que chaque enfant à qui l'on donne une seconde chance possède toutes les potentialités pour devenir un citoyen modèle, utile à sa Nation. Ces résultats renforcent ma conviction ainsi que celle de l'ensemble de mes collaborateurs : l'investissement du gouvernement en faveur de la protection de l'enfance, soutenu par les partenaires techniques et financiers, n'est pas seulement une obligation juridique, c'est un impératif moral et un choix stratégique pour l'avenir et le développement de notre pays.
Le Sénégal est confronté à la problématique des abus et de l'exploitation des mineurs en ligne. Qu'est-ce que votre service met en oeuvre pour combattre ce problème ?
La lutte contre l'exploitation des mineurs en ligne constitue un enjeu majeur. L'Unicef a mené une étude auprès de 1149 enfants âgés de neuf à 17 ans dans six régions : Dakar, Kédougou, Kolda, Sédhiou, Tambacounda et Ziguinchor. 60 % des jeunes interrogés ont affirmé utiliser Internet quotidiennement ; ce qui témoigne d'une forte activité dans l'espace numérique avec une prédominance dans les régions de Dakar et de Ziguinchor. Cette utilisation du numérique se fait souvent sans supervision et avec une faible sensibilisation aux paramètres de confidentialité. Parmi les dangers rencontrés en ligne, le cyberharcèlement et l'intimidation arrivent en tête : 45,6 % des enfants ont reconnu en avoir été victimes, 41,25 % ont été exposés à des contenus inappropriés et 40,3 % ont fait face à des situations de prédation sexuelle en ligne.
Face à ce constat, la Direction générale, avec l'appui du ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, de la Division spéciale de la cybersécurité, de la Commission des données personnelles (Cdp), ainsi que de la Giz, de l'Unicef, d'universitaires et d'experts, a organisé des sessions de formation sur la Protection en ligne (Pel) des enfants dans les six ressorts des cours d'appel. Ces sessions ont réuni des acteurs sociaux, des magistrats et des officiers de police judiciaire afin de les sensibiliser aux dangers d'Internet et de les outiller sur la détection précoce des signes de vulnérabilité et la prise en charge médicale, sociale et judiciaire des cas. Je tiens à remercier très sincèrement l'ensemble de ces acteurs qui, à nos côtés, se sont mobilisés pour la réussite de ces actions de formation et de sensibilisation.
Face à ce problème, quelles mesures sont mises en place pour que les familles assument pleinement leurs responsabilités et leur devoir de surveillance concernant l'utilisation des outils de communication en ligne par leurs enfants ?
La famille demeure le premier espace de protection de l'enfant. C'est dans ce cadre que s'inscrit ce que nous appelons l'éducation à la parentalité. La Direction générale de la Protection judiciaire et sociale, à travers les services Aemo, met en oeuvre des programmes de sensibilisation destinés aux parents afin de renforcer leur rôle dans la surveillance, l'accompagnement et l'éducation numérique des enfants. Ces actions visent à instaurer un climat de confiance au sein des familles et à leur fournir les outils nécessaires pour mieux protéger les enfants dans l'environnement numérique.
Quelles sont les démarches que les parents devraient suivre s'ils découvrent des cas d'abus et d'exploitation de mineurs en ligne ? Y a-t-il des numéros d'urgence à contacter si nécessaire ?
Lorsqu'un parent découvre ou soupçonne une situation d'abus ou d'exploitation d'un mineur en ligne, il est essentiel d'agir rapidement, mais de manière structurée, afin de protéger l'enfant et de permettre l'identification des auteurs. La première démarche consiste à préserver les éléments de preuve (captures d'écran, messages, profils, liens, etc.), sans les diffuser. Il convient ensuite de se rapprocher des autorités compétentes, notamment des services Aemo présents dans les 46 départements du Sénégal. Ces services assurent le référencement vers les structures médicales appropriées, accompagnent les parents dans les procédures judiciaires et prennent les mesures de protection nécessaires au profit de l'enfant victime. Il est important de rappeler que la réaction ne doit pas se limiter à l'aspect répressif.
L'enfant doit être écouté, protégé et accompagné, sans jugement ni stigmatisation, afin de limiter les traumatismes et de favoriser sa reconstruction. C'est dans cet esprit que les équipes de la Direction générale, avec le soutien des partenaires, développent des protocoles de prise en charge adaptés aux spécificités des violences en ligne. À cet égard, il convient de citer le système dénommé RapidPro, qui permet, par un simple Sms, d'alerter rapidement les services compétents.
La Direction générale de la Protection judiciaire et sociale a-t-elle les moyens de ses ambitions ?
Les ambitions de la Dgpjs sont à la hauteur des enjeux : faire de la protection de l'enfant une priorité nationale effective, visible et mesurable. Cela nécessite des moyens humains, matériels, financiers et techniques conséquents. Le gouvernement du Sénégal, à travers le ministère de la Justice, manifeste un engagement constant en ce sens, comme en témoignent l'évolution des crédits alloués ainsi que la réhabilitation et la construction de structures de prise en charge. Il serait toutefois irréaliste d'affirmer que tous les besoins sont déjà entièrement satisfaits. Les défis demeurent importants, notamment en matière de couverture territoriale, de spécialisation des ressources humaines, de modernisation des infrastructures et d'adaptation permanente aux nouveaux risques, en particulier ceux liés à l'espace numérique. C'est précisément pour combler ces écarts que la Direction générale s'appuie sur une collaboration renforcée avec les partenaires techniques et financiers dont le soutien est déterminant en matière de financement, d'expertise et d'innovation. Le rôle de l'administration consiste à optimiser l'utilisation des ressources disponibles, à prioriser les interventions les plus structurantes et à renforcer la redevabilité, pour que chaque ressource investie se traduise par un impact concret sur la vie des enfants et des familles.
Le budget du ministère de la Justice 2026 a été adopté. Un des programmes est : « Éducation surveillée et protection judiciaire de l'enfant ». Le montant alloué est de 8 147 530 584 FCfa. Quel est le rôle du ministère de la Justice dans la mise en oeuvre des politiques publiques dans le domaine de la protection de l'enfant ?
L'adoption du budget 2026, avec un montant de 8.147.530.584 FCfa dédié au programme « Éducation surveillée et protection judiciaire de l'enfant », traduit la volonté claire du gouvernement du Sénégal de consolider la politique publique de protection de l'enfance. Le ministère de la Justice joue un rôle central dans la conception, la mise en oeuvre et le suivi de cette politique. D'ailleurs, dans la Stratégie nationale de protection de l'enfant, qui constitue le document de référence en la matière, le ministère de la Justice est chargé du volet « prise en charge », qui représente le bras opérationnel de la politique. Il lui revient, à travers la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale, de définir les orientations stratégiques, de planifier les interventions, d'allouer les ressources aux structures de terrain, de fixer les normes et les référentiels de prise en charge des enfants ayant besoin de protection et d'assurer le contrôle de la conformité des pratiques avec les textes en vigueur et les engagements internationaux du Sénégal.
Quelles sont les perspectives pour une meilleure prise en charge de l'enfant vulnérable ?
Les perspectives pour une meilleure prise en charge de l'enfant vulnérable s'inscrivent dans une vision globale : faire du Sénégal un pays où aucun enfant n'est laissé en marge, où la vulnérabilité n'est pas une fatalité et où les droits de l'enfant sont effectivement protégés et promus. Cela suppose, en premier lieu, de poursuivre et d'accélérer le renforcement du cadre normatif pour l'aligner sur les standards internationaux les plus protecteurs et de tenir compte des nouvelles formes de vulnérabilité, singulièrement celles liées au numérique. Sur le plan opérationnel, l'accent sera mis sur l'augmentation de la capacité d'accueil, à travers la construction de nouveaux centres, le renforcement des moyens logistiques - la majorité des interventions se déroulant sur le terrain - ainsi que le développement de partenariats avec les structures publiques et privées pour faciliter la réinsertion des enfants en fin de séjour.
La Dgpjs entend également consolider les actions de formation au profit des acteurs intervenant dans le domaine de la protection de l'enfance afin d'améliorer la prise en compte de la spécificité des enfants vulnérables. En définitive, la protection de l'enfant vulnérable constitue une responsabilité partagée entre l'État, les familles, les communautés et l'ensemble de la société. La Direction générale de la Protection judiciaire et sociale continuera d'assumer pleinement sa part, avec rigueur, détermination et sens du service public, afin que chaque enfant au Sénégal puisse grandir dans la dignité, la sécurité et l'espoir.