Burkina Faso: Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme - L'Union européenne retire le pays de la liste des pays à haut risque

Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORE a échangé, le 10 août au cours d’une audience au Palais de Koulouba, avec les délégations étrangères venues participer à la commémoration de la Journée internationale de la Jeunesse (JIJ) à Ouagadougou. (Archive)
26 Janvier 2026

L'Union européenne a annoncé, le retrait du Burkina de la liste des juridictions financières à haut risque en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, traduisant les avancées majeures du pays dans la lutte contre ces phénomènes.

Les efforts du Burkina en matière de renforcement de la gouvernance financière est encore reconnue à l'international. Après le Groupe d'action financière (GAFI), l'organisme mondial de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, qui avait retiré le pays des Hommes intègres de sa liste grise en octobre 2025, c'est l'Union européenne (UE) qui acte la sortie du Burkina de sa liste des juridictions financières à haut risque en matière de blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Cette décision de l'UE dont l'annonce a été faite en décembre 2025, s'appuie sur les évaluations du GAFI et entre en vigueur à partir du 29 janvier 2026.

Par ce retrait, l'UE salue des avancées tangibles réalisées par le Burkina en matière de prévention, de contrôle et de répression des infractions financières, qui est un élément essentiel dans ses relations économiques avec les pays tiers. Selon Bruxelles, le Burkina a corrigé les insuffisances stratégiques identifiées auparavant et a respecté les engagements contenus dans son plan d'actions. En effet, le Burkina avait entamé un processus de renforcement de son cadre juridique en matière de sanctions contre les crimes financiers et de traçabilité des transactions financières dans les secteurs bancaire et non bancaire.

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Loin d'être un acte symbolique, cette sortie du Burkina de la liste de l'UE des juridictions financières à haut risque en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme a un impact positif sur les plans diplomatique et économique. Elle améliore davantage l'image du pays sur la scène internationale, notamment vis-à-vis de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux, des institutions financières internationales publiques et privées.

Des facilités de mobilisation des ressources financières

Elle permet aussi de rassurer et d'attirer davantage les investisseurs, de fluidifier et de renforcer les échanges commerciaux avec l'Europe, les institutions financières européennes n'étant plus contraintes d'appliquer systématiquement des mesures de vigilance renforcée pour les transactions financières en provenance du pays des Hommes intègres.

Cette décision qui a également l'avantage de renforcer la confiance des investisseurs internationaux à la signature de l'Etat burkinabè, va lui permettre également de mobiliser des ressources sur les marchés financiers et auprès des institutions financières internationales, pour le financement de son développement, à des conditions plus souples. Par exemples, lorsque les banques commerciales ont accès à des ressources financières à des coûts moins élevés, cela peut avoir un impact positif sur le financement bancaire de l'économie nationale, ainsi que sur le coût du crédit au niveau local.

Outre le Burkina, cinq autres pays africains sont concernés par cette sortie de la liste de l'UE des juridictions financières à haut risque en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Il s'agit du Mali, du Nigéria, de l'Afrique du Sud, du Mozambique et de la Tanzanie.

Pour l'UE, ce retrait ne constitue pas un acquis définitif. Car, les pays concernés restent soumis à des évaluations régulières et sont appelés à poursuivre leurs efforts pour faire face aux méthodes, outils et techniques de blanchiment de capitaux et de flux financiers illicites de plus en plus sophistiqués. Il faut noter que certains pays africains comme le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo restent encore sur la liste de l'UE des juridictions financières à haut risque blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

 

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