Madagascar: Élection présidentielle - Huit candidats potentiels

Dans plusieurs bureaux de vote, le personnel avait peu de choses à faire durant une bonne partie de la journée des élections législatives. (photo d'illustration)

Se référant au contexte politique actuel, on pourrait croire qu'une éventuelle alliance politique TIM - MAPAR n'est pas à écarter.

Même si le colonel Michaël Randrianirina continue d'entretenir le suspense quant à son éventuelle participation à la prochaine élection présidentielle, on voit bien, à travers ses actions, que l'actuel homme fort du pays commence à avoir une ambition politique. L'enchaînement de ses déplacements dans les régions commence à prendre la forme d'une précampagne électorale. Lors d'une émission spéciale, il avait annoncé : « Le moment venu, ce sera au peuple de décider si je pourrais être candidat ou non ». En tant que chef d'État par intérim, il a tous les atouts et peut utiliser tous les appareils qui sont en sa possession pour atteindre son objectif électoral.

Son seul bémol, non négligeable, c'est qu'il ne dispose d'aucune base politique. Pourtant, cela relève d'un critère important qui ne peut pas être solutionné en deux ans ou durant une période de transition. À cette allure, le colonel Michaël Randrianirina risque de subir le même sort que le « Hery Vaovao hoan'i Madagasikara », qui n'avait obtenu que 8 % des voix en 2018, après avoir été au pouvoir pendant 5 ans. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que l'officier du CAPSAT ne bénéficiera pas du soutien unanime des partisans du « tolona », car présenter un candidat unique lors des prochaines échéances électorales semble être une mission quasiment impossible pour les adeptes de la refondation. Trois mois seulement après la chute du régime Rajoelina, les politiciens et partis politiques ayant soutenu le mouvement sont déjà confrontés à des discordes. À maintes reprises, le colonel Michaël Randrianirina a dénoncé des coups bas, des manoeuvres venant de l'intérieur constituant un blocage au processus de refondation, et des calculs politiques.

Statut clé

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Pour le moment, huit candidats potentiels sont recensés. Outre l'actuel locataire d'Iavoloha, on peut citer les Siteny Randrianasoloniaiko, Marc Ravalomanana, Hajo Andrianainarivelo, Fanirisoa Ernaivo, Tahina Razafinjoelina, le député d'Arivonimamo Antoine Rajerison et le maire d'Imerintsiatosika Parisoa Andriambolanarivo. Au fur et à mesure de l'approche des échéances électorales, la tension risque de monter d'un cran entre ces figures politiques, même s'ils ont tous soutenu et/ou participé directement ou indirectement au mouvement populaire ayant conduit au renversement de l'ancien régime.

Ce serait intéressant de voir la relation et le comportement du colonel Michaël Randrianirina et du président de l'Assemblée nationale Siteny Randrianasoloniaiko à l'approche des élections. Ce sont deux personnalités se disant soucieuses du Fihavanana et n'agissant que dans l'intérêt de la population et de la Nation. L'actuelle ministre de la Justice, considérée comme l'une des grandes figures de cette transition, pourrait aussi jouer les trouble-fêtes. Son statut clé au sein du régime de refondation, notamment en menant une lutte acharnée contre les personnalités de l'ancien régime, pourrait jouer en sa faveur. Faut-il rappeler qu'avant son départ en exil à l'étranger, Fanirisoa Ernaivo était déjà candidate à la présidentielle. Durant son exil, elle n'a jamais caché son ambition et son désir d'accéder au pouvoir.

Bases politiques solides

Pour leur part, Marc Ravalomanana et ses partisans commencent à hausser le ton par rapport aux manoeuvres visant à bloquer la réouverture de l'usine Tiko S.A. Ce blocage entraîne de vives tensions entre les tenants du pouvoir de refondation et les partisans de l'ancien président. Nul n'ignore en effet que Dada reste un candidat redoutable et le « Tiako i Madagasikara » dispose toujours de bases politiques solides à travers le pays. Avec la réouverture de son entreprise, on lui donnerait l'occasion de rassembler des trésors de guerre. En tout cas, malgré leur enthousiasme et leur détermination, les jeunes candidats tels que Rajerison Antoine et Parisoa Andriambolanarivo ne feront certainement pas le poids contre le numéro Un de l'Empire Tiko.

Par contre, même s'il joue pour le moment la carte de la discrétion, Tahina Razafinjoelina, qui était déjà candidat en 2023, pourrait créer la surprise. Bon nombre d'observateurs estiment que s'il ne s'était pas associé aux 11 candidats, il pouvait rivaliser avec les grandes écuries politiques lors de la dernière élection présidentielle. D'autant plus que, cette fois-ci, il pourrait bénéficier du soutien des dissidents TIM.

Alliance politique

Pour l'heure, on ignore si l'IRMAR prendra part à la prochaine course à la magistrature suprême. Depuis son départ à l'étranger, Andry Rajoelina reste discret. On voit d'ailleurs que des mesures ont été prises pour l'empêcher de participer aux affaires politiques. Enlever la nationalité malagasy de l'ex-président fut le premier décret pris par l'actuel Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo au lendemain même de sa nomination à Mahazoarivo. À l'allure où vont les choses, le patron du clan Orange risque d'être complètement banni du paysage politique.

On sait pourtant que même si Andry Rajoelina ne pouvait pas participer, un éventuel candidat de substitution du MAPAR n'est pas négligeable, car le Volomboasary reste une force politique redoutable disposant de bases solides au niveau de toutes les régions. Nombreux observateurs estiment que la prochaine élection présidentielle pourrait encore entretenir le duel à distance entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. En revanche, en se référant à l'évolution du contexte politique actuel, une éventuelle alliance politique TIM-MAPAR n'est pas non plus à écarter.

AllAfrica publie environ 400 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.