Cameroun: Affaire Anicet Ekane - Les avocats réclament la levée des scellés

24 Janvier 2026

Les avocats Hippolyte BT Meli et Emmanuel Simh viennent de déposer une requête explosive auprès du Commissaire du Gouvernement près le Tribunal Militaire de Yaoundé. Leur demande est claire : lever immédiatement les scellés apposés sur la dépouille mortuelle d'Anicet Georges Ekane, décédé dans des circonstances troubles le 1er décembre 2025.

Le document daté du 21 janvier 2026 représente la famille d'Anicet Ekane, dont l'épouse veuve domiciliée à Douala, le Dr Muna Ekane établi à Paris, Elombo Bomono Ekane résidant à Amiens, et Mukate Sankara Ekane vivant à Atlanta. Une famille dispersée géographiquement mais unie dans sa quête de vérité.

Un Décès Qui Pose Question

Anicet Georges Ekane, ancien homme politique Président du parti politique MANIDEM, a perdu la vie le 1er décembre 2025 à sept heures du matin. Son décès survient dans des circonstances troubles alors qu'il était privé de liberté et placé sous la garde du Centre Médical de la Gendarmerie Nationale, puis transféré à la Défense nationale et à la Gendarmerie.

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Son corps repose actuellement à la morgue de l'Hôpital Central de Yaoundé, inaccessible aux siens. Les scellés ont été apposés après l'ouverture des enquêtes judiciaires visant à élucider les circonstances exactes de son décès.

La Procédure Bloquée par le Décès

Les avocats soulignent un point juridique crucial : la procédure suivie contre Anicet Ekane s'est éteinte automatiquement par son décès. De plus, des médecins légistes ont déjà visité le corps à la morgue, rassemblant tous les éléments nécessaires pour établir leur rapport d'autopsie et manifester la vérité des enquêtes.

Dans ces conditions, affirment Me Meli et Me Simh, les requérants souhaitant organiser les obsèques ont le plus grand intérêt à voir lever toutes les restrictions administratives et judiciaires pesant sur l'accès et la prise de possession du corps.

L'Urgence des Funérailles

La requête met en avant la nécessité pour la famille d'accéder au corps du défunt pour organiser dignement ses funérailles. Les avocats demandent formellement au Commissaire du Gouvernement près le Tribunal Militaire de Yaoundé de bien vouloir donner mainlevée des scellés apposés à la morgue de l'Hôpital Central de Yaoundé.

Cette demande s'inscrit dans le cadre de mesures de prudence procédurale que la famille estime nécessaires pour permettre enfin l'inhumation d'Anicet Georges Ekane, notamment pour la prise de possession de sa dépouille en vue d'organiser ses funérailles.

Entre Droit et Dignité

L'affaire soulève une question fondamentale : jusqu'où peut-on bloquer administrativement l'accès d'une famille à son défunt? Les avocats plaident pour un équilibre entre les nécessités judiciaires et le droit fondamental des proches à rendre un dernier hommage.

Le document, estampillé du Cabinet Me HB Tiakouang Meli et enregistré sous le numéro 036 le 21 janvier 2026, marque une étape décisive dans cette bataille juridique et humaine. La famille Ekane attend désormais la décision du Commissaire du Gouvernement. Les autorités judiciaires permettront-elles enfin à la famille Ekane d'enterrer dignement leur défunt, ou les raisons d'État prévaudront-elles sur le droit au deuil?

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