Centrafrique: Les partis qui ont boycotté les élections pourraient-ils être dissous?

Parmi les partis ayant appelé au boycott des élections, et n'ayant donc pas de représentation à l'Assemblée, le Bloc républicain pour la défense de la constitution (BRDC) est l'un des concernés par la menace de dissolution. Ici, l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé (à droite) s’exprimant lors d’une conférence de presse du BRDC, le 3 août 2023 à Bangui.

Le boycott des élections générales du 28 décembre 2025 en Centrafrique par une partie de l'opposition pourrait coûter cher sur le plan politique. Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), qui regroupe une dizaine de partis et d'associations, se retrouve aujourd'hui au coeur d'un débat juridique. Car la loi organique sur les partis politiques prévoit des sanctions, voire la dissolution, en l'absence de représentation à l'Assemblée nationale. Plusieurs grandes formations, dont certaines ont déjà dirigé le pays, pourraient être concernées.

La loi encadrant la création, le fonctionnement, le financement, le contrôle et la dissolution des partis politiques a été adoptée dans les années 2000. Elle prévoit que les partis non représentés à l'Assemblée peuvent être dissous à l'issue d'une action engagée devant une juridiction compétente.

« La position de base du BRDC, c'est que le président [Faustin Archange] Touadéra ne devrait pas être candidat à ces élections, réagit Martin Ziguélé, porte-parole du BRDC, qui a boycotté les élections. Il a été élu sur la constitution du 30 mars 2016 et il a juré sur cette constitution à deux reprises qu'il allait faire deux mandats de cinq ans et il les a déjà faits : sa participation aux élections du 28 décembre 2025 est hors la loi. Les actes qu'il pose sont des actes illégaux. S'il continue dans l'illégalité, pour supprimer, dissoudre ou interdire les partis politiques, ça veut dire qu'il continue dans l'illégalité et nous, nous allons continuer à nous battre sur le chemin du droit et de la politique avec le peuple centrafricain. »

Les autorités contactées n'ont pas souhaité s'exprimer. Mais une source gouvernementale estime que l'opposition est à l'origine du boycott et que la loi doit s'appliquer à tous.

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Réélu le 19 janvier dernier, le président Faustin-Archange Touadéra a appelé au dialogue et à l'unité nationale. De leur côté, les acteurs de la société civile estiment que seul le dialogue peut apaiser les tensions politiques dans le pays.

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