Nouveau coup d'arrêt dans le processus parlementaire du projet de loi sur les Chagos, au Royaume-Uni. Selon la presse britannique, le débat prévu à la House of Lords demain a été retiré de l'ordre du jour, suite à une motion déposée par les conservateurs appelant à reporter l'examen du texte «au regard de l'évolution du contexte géopolitique».
Ce retrait intervient dans une phase sensible du traditionnel «ping-pong» entre les deux chambres. Les Lords devaient se prononcer sur des motions récemment adoptées par la House of Commons, lesquelles annulaient plusieurs amendements introduits par la chambre haute concernant le Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill.
Plus tôt ce mois-ci, la Chambre des Lords avait infligé quatre revers successifs au gouvernement britannique, exigeant notamment l'arrêt des paiements financiers à Maurice dans certaines circonstances, l'organisation d'un référendum auprès des Chagossiens, la publication détaillée des coûts du traité et un droit de veto parlementaire sur les dépenses engagées. Ces amendements ont tous été rejetés par les Communes, relançant la navette parlementaire.
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Les conservateurs estiment que le texte enfreint à la fois le traité de 1966 entre le Royaume-Uni et les États-Unis, et certaines règles du droit international. Défendant la stratégie de blocage de son camp, le porte-parole conservateur aux Affaires étrangères à la Chambre des Lords, Lord Callanan, a affirmé que l'opposition remplissait son «devoir constitutionnel» en s'opposant à une législation jugée défaillante.
Il a accusé le gouvernement travailliste d'irresponsabilité en cherchant à faire adopter un texte qui, selon lui, exposerait Londres à des risques juridiques. La controverse a été amplifiée par les déclarations du président américain Donald Trump, qui a qualifié l'accord sur les Chagos «d'acte de grande stupidité» et de signe de «faiblesse totale», ravivant les inquiétudes autour du futur de la base militaire conjointe de Diego Garcia.
Face aux critiques, le gouvernement britannique nie tout recul politique. Un porte-parole a confirmé le retrait du débat prévu lundi, tout en assurant que celui-ci serait reprogrammé dans les prochaines semaines. Londres réaffirme rester pleinement engagé dans l'accord, qu'il considère comme essentiel pour garantir la pérennité de la base stratégique américano-britannique. Le gouvernement rejette catégoriquement les accusations de violation du droit international, qualifiées de «totalement infondées».
Selon une source travailliste à la Chambre des Lords citée par Sky News, la décision d'annuler le débat résulte du dépôt tardif, vendredi soir, d'un amendement conservateur jugé «destructeur», quelques heures seulement avant la clôture des travaux parlementaires. Cette manœuvre aurait rendu impossible la tenue d'un débat ordonné dès le lundi suivant. Le gouvernement entend désormais reprendre la main sur le calendrier, sous la supervision du chief whip, Lord Kennedy.