Ile Maurice: Les contours du scrutin version 2029

Le score sans appel de 60-0, enregistré lors des élections générales de novembre 2024, pourrait bien entrer dans les livres d'histoire comme une anomalie appelée à ne plus se reproduire. Si le calendrier politique est respecté, les élections générales de 2029 devraient se tenir sous un nouveau système électoral destiné à corriger les déséquilibres de représentation et à empêcher toute répétition d'un tel raz-de-marée.

Dans cette perspective, le gouvernement a officiellement lancé, le 4 décembre dernier, une vaste consultation nationale sur la réforme du système électoral, conformément aux engagements inscrits au programme gouvernemental 2025-2029. Un communiqué du Prime Minister's Office invite l'ensemble des acteurs concernés - partis politiques, universitaires, syndicats, ONG, organisations de la société civile, diaspora et simples citoyens - à faire parvenir leurs propositions au plus tard le 30 janvier 2026. Les contributions peuvent être transmises par courrier (electoralreformspmo@ govmu.org), par courriel ou par fax au secrétariat dédié à la réforme électorale.

Sur le fond, le Premier ministre Navin Ramgoolam et son adjoint, Paul Bérenger, ont une vision largement commune des grandes orientations de la réforme, et se disent ouverts aux suggestions. Le schéma privilégié repose sur le maintien du scrutin majoritaire uninominal à un tour - le First Past the Post pour l'élection de 60 députés dans les 20 circonscriptions. À ce dispositif viendraient s'ajouter 20 députés élus à la proportionnelle compensatoire, afin de mieux refléter le poids réel des forces politiques.

Rupture symbolique forte

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Autre pilier central du projet, la suppression de l'obligation pour les candidats de déclarer leur appartenance communautaire lors des élections générales. Cette mesure marquerait une rupture symbolique forte avec un héritage institutionnel remontant à la période pré-indépendance. Une nuance subsiste toutefois entre les deux dirigeants sur le devenir du Best Loser System (BLS).

Si Navin Ramgoolam plaide pour son abolition complète dès les premières élections organisées sous le nouveau modèle, Paul Bérenger se montre plus prudent. Le leader des Mauves défend une phase transitoire durant laquelle quatre des huit sièges de best losers seraient maintenus, afin de rassurer certaines franges de la population et de tester le fonctionnement du système proportionnel.

Paul Bérenger a insisté sur l'absence de désaccord fondamental au sein de l'exécutif. Selon lui, un consensus existe sur le maintien des circonscriptions actuelles, l'introduction d'une proportionnelle significative et la nécessité d'évoluer progressivement hors du BLS. Il a également précisé qu'à l'issue de la période de consultation, un Cabinet Paper sera préparé pour finaliser les paramètres de la réforme, laquelle pourrait être prête d'ici trois mois et soumise au Parlement en cours d'année.

Le modèle envisagé porterait le nombre total de députés à 80, auxquels s'ajouteraient les élus de Rodrigues. Les députés issus de la proportionnelle ne seraient pas rattachés à une circonscription spécifique, mais désignés à partir de listes fermées soumises par les partis ou alliances politiques avant les élections.

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