Les entreprises africaines ont divulgué 3,8 milliards de dollars de financement en 2025, avec un volume de transactions en hausse de 32 % et un nombre de transactions annoncées en augmentation de 8 % par rapport à l'année précédente, selon le rapport 2025 de Briter sur l'investissement en Afrique (Africa Investment Report 2025).
Les données indiquent un marché qui s'est stabilisé après la correction de 2022-2023, mais avec des capitaux de plus en plus concentrés par étape, secteur et géographie. L'Afrique du Sud est en tête en termes de valeur avec 32 % du financement total, suivie par le Kenya à 29 %, l'Égypte à 15 % et le Nigéria à 8 %. Le Nigeria a affiché sa part de financement la plus faible depuis 2019, mais a enregistré le plus grand nombre d'opérations.
La fintech et les services financiers numériques sont restés le secteur le plus important en termes de financement et de nombre d'opérations. Les entreprises axées sur le climat ont enregistré la croissance la plus rapide, levant plus de trois fois leur total de 2024. L'énergie solaire a été la catégorie la plus financée, reflétant la préférence des investisseurs pour les modèles de type infrastructure avec des flux de trésorerie prévisibles.
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Les fonds propres sont restés le principal instrument de financement, tandis que la dette a dépassé le milliard de dollars pour la première fois en dix ans. La taille des opérations a augmenté si l'on exclut les grands tours de table, même si moins de 5 % des opérations supérieures à 50 millions de dollars ont représenté la moitié des financements divulgués.
Le rapport fait également état de 63 acquisitions, dont la plupart n'ont pas été divulguées, et note que l'activité de sortie reste limitée.
Points clés à retenir
Les données de 2025 mettent en évidence un marché actif mais inégal. Les financements en phase de croissance se concentrent autour d'un plus petit nombre d'entreprises, tandis que les capitaux en phase de démarrage et en phase intermédiaire restent fragmentés. Cette structure favorise les entreprises qui ont une certaine envergure, des revenus ou des modèles similaires à ceux des infrastructures, en particulier dans les secteurs de l'énergie et des services financiers. La géographie reste déterminante. Les quatre grands marchés continuent d'accueillir la plupart des capitaux, même si leur rôle évolue.
L'Afrique du Sud a tiré son épingle du jeu grâce à un flux régulier d'opérations plutôt qu'à des transactions de grande envergure, tandis que le Kenya a bénéficié d'un nombre réduit de tours de table de plus grande envergure. En dehors de ces pôles, la participation reste limitée. La dette devient une partie plus visible du mix de financement, signalant une évolution vers des structures de capital qui réduisent la dilution pour les entreprises matures. Dans le même temps, les sorties restent rares et le fossé entre les hommes et les femmes en matière de financement persiste, moins de 10 % des capitaux allant à des entreprises ayant au moins une femme à leur tête.
Par rapport à d'autres régions émergentes, l'Afrique présente une diversité d'instruments et d'investisseurs, avec notamment un intérêt croissant de la part du Japon et des pays du Golfe. Néanmoins, les voies de sortie limitées et la concentration des capitaux continuent de façonner l'évolution de l'écosystème.