À Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, qui a pris le pouvoir mi-octobre, a dénoncé la « monopolisation de certains marchés ». « L'opération, aujourd'hui, qui est en train de se passer, est d'amener des capitaux » étrangers dans le pays, estime un analyste. « Sous la présidence d'Andry Rajoelina, il n'y a eu aucune entreprise, aucun investisseur direct étranger qui a investi à Madagascar », ajoute-t-il.
En déplacement à Toamasina, principal port du pays et poumon économique de Madagascar, le président de transition, le colonel Michaël Randrianirina, a dénoncé la « monopolisation de certains marchés » et la concentration de l'activité économique entre les mains de quelques grands opérateurs. Une déclaration qui soulève de nombreuses questions sur les marges de manoeuvre pour le gouvernement de Refondation.
« Il s'agit d'encadrer les pratiques anticoncurrentielles, les abus de position dominante, les situations de monopole ainsi que les contrats déséquilibrés portant atteinte aux intérêts économiques et patrimoniaux de l'État, décrypte Serge Zafimahova, essayiste géopolitique à Madagascar, au micro de notre correspondante, Aurélie Kouman. Voilà donc le message fort que le chef de l'État est en train d'envoyer ».
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Il poursuit : « Sous la présidence d'Andry Rajoelina, il n'y a eu aucune entreprise, aucun investisseur direct étranger qui a investi à Madagascar du fait justement de la présence de personnes comme Marc Ravatomanga [homme d'affaires très influent sous Andry Rajoelina qui est parti à Maurice lors de la chute de ce dernier, NDLR]. Donc, ces gens-là ont repoussé les investisseurs étrangers à venir à Madagascar par leurs pratiques illicites. »
« Madagascar pourrait de nouveau créer la confiance »
Serge Zafimahova conclut : « Aujourd'hui donc, Madagascar pourrait de nouveau créer la confiance pour que les capitaux étrangers puissent venir dans le pays. Donc, l'opération, aujourd'hui, qui est en train de se passer, à mon avis, est d'amener ces capitaux pour investir à Madagascar. »
Le colonel Randrianirina, 52 ans, avait été investi « président de la Refondation » le 17 octobre 2025, quelques jours après le ralliement de son unité, le Capsat, à un mouvement de contestation populaire entamé un mois auparavant. Le président Andry Rajoelina et son entourage avaient fui la Grande Île avec l'aide de la France.