Sénégal: Bassirou Diomaye Faye - 'La crise de l'eau est moralement inacceptable'

Dakar — Les crises de l'eau fragilisent les économies et exacerbent les tensions, a déclaré, lundi, à Dakar, le chef de l'Etat sénégalais Bassirou Diomaye Faye, dénonçant une situation "moralement inacceptable" dont la persistance engage la responsabilité de tous les pays.

L'Afrique "est particulièrement affectée par cette crise, avec 40% de la population qui n'a pas accès à l'eau potable et plus de 70% qui manque de services d'assainissement de base", a-t-il souligné à l'ouverture de la réunion préparatoire de haut niveau de la conférence des Nations unies sur l'eau, prévue du 2 au 4 décembre 2026 à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis.

"C'est une situation moralement inacceptable. Et tant qu'elle persistera, notre responsabilité collective restera engagée, car les crises de l'eau alimentent les crises alimentaires, fragilisent les économies, déplacent les populations et exacerbent les tensions", a indiqué Bassirou Diomaye Faye.

Selon les Nations unies, 2,2 milliards de personnes n'ont toujours pas accès à une eau potable sûre et près de 3,5 milliards restent privés de services d'assainissement adéquats.

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Cela fait de la crise de l'eau est "une réalité mondiale", a insisté le président sénégalais, qui estime que quatre milliards de personnes subissent "une pénurie d'eau sévère" au moins un mois par an.

M. Faye a souligné que la crise de l'eau est accentuée par l'accélération du dérèglement climatique, phénomène qui "impacte gravement les liens intrinsèques" entre l'eau et le climat.

L'eau agit sur le climat, de même le climat détermine la disponibilité et la qualité des ressources en eau, a-t-il noté, ajoutant que le changement climatique "perturbe considérablement les cycles de l'eau, entraînant sécheresse, inondations, fonte des glaces du fait du réchauffement climatique".

Il rappelle que cette situation impacte également sur "la disponibilité d'eau douce, la santé, l'agriculture, l'énergie, l'éducation et la biodiversité".

Le président Faye considère que ce 26 janvier constitue "une date marquante", en raison de la présence de plusieurs leaders et experts de renom à cette réunion préparatoire de haut niveau de la conférence des Nations unies sur l'eau, ce qui témoigne de "l'importance politique que la communauté internationale accorde à l'eau et à l'environnement".

La question de l'eau "est considérée non seulement comme enjeu sectoriel, mais également comme fondement essentiel de la dignité humaine, de la santé des populations et de la stabilité des sociétés, mais aussi de la prospérité partagée des nations", a dit le président de la République.

Il a rappelé que l'eau est "indispensable" au maintien de l'équilibre de la planète et à l'atteinte des objectifs de développement durable.

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