Ouverte le 21 janvier, à Libreville, la Cipref s'est achevée sur une note de satisfaction générale, marquée par une meilleure appropriation de l'Intelligence artificielle dans le secteur des médias.
Après quatre jours d'intenses travaux, les lampions se sont éteints, le 24 janvier, sur la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref).
L'évènement a rassemblé des professionnels des médias, des experts en Intelligence artificielle, des universitaires ainsi que de nombreux acteurs engagés dans la transformation numérique du paysage médiatique francophone réunis dans la capitale, gabonaise, Libreville, autour du thème central : « L'Intelligence artificielle et son impact sur les médias ».
Le rendez-vous de Libreville s'est soldé par l'adoption de recommandations fortes, ouvrant de nouvelles perspectives pour un usage maîtrisé de l'Intelligence artificielle au centre de l'espace médiatique.
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À cette occasion, les participants ont insisté sur la nécessité absolue pour les journalistes de rester fidèles à leurs valeurs déontologiques et à l'éthique du métier. « L'Ia est une opportunité stratégique pour renforcer la compétitivité des médias, à condition qu'elle soit intégrée dans une vision respectueuse des valeurs démocratiques, de la liberté de la presse et l'intérêt général », ont-ils proposé.
Mieux, les acteurs des médias ont recommandé une approche responsable et éthique de l'Ia, fondée sur la vigilance, la formation continue des journalistes et l'utilisation d'outils adaptés de vérification.
Selon les participants, si l'Ia est un outil puissant, elle ne doit en aucun cas se substituer au discernement humain et aux principes fondamentaux qui régissent la profession. « Il faut l'humain prime la machine dans les processus éditoriaux, garantir la transparence sur l'utilisation des outils automatisés, maintenir un contrôle humain systématique afin de préserver la confiance du public », ont-ils suggéré.
L'un des points majeurs de cette conférence a été l'alerte lancée sur la vulnérabilité du continent. Les participants ont souligné la forte exposition de l'Afrique aux risques liés à l'usage de l'Ia, particulièrement en ce qui concerne la protection des données souveraines.
Pour les médias de la presse francophone, il est urgent de bâtir un cadre réglementaire solide qui protège la souveraineté numérique africaine sans freiner l'innovation.
Hermine Otounga, représentante du ministre de la Communication et des Médias du Gabon, a, pour sa part, félicité les participants pour la qualité des recommandations produites. Elle a souligné que la thématique vient à point nommé où le numérique expose le monde aux manipulations en tous genres.
Profitant de l'occasion, l'envoyé du ministre de la Communication et des Médias du Gabon a salué cette initiative qui permet de renforcer les capacités des professionnels face aux dérives technologiques. « Il est important de s'interroger sur les valeurs liées à l'éthique et à la déontologie journalistique », a-t-elle affirmé.
Non sans rappeler qu'il est primordial pour le journaliste de protéger son métier, et d'en faire une science de collecte, de traitement et de production de l'information qui transcende les mutations technologiques. « Le journalisme doit être une pratique empreinte de responsabilité et de rigueur », a-t-elle conseillé.
Aussi, Hermine Otounga a affirmé que le rôle de la presse est indéniable dans le développement de des nations. « Or les pouvoirs publics ne sauraient accompagner valablement une presse d'égout. C'est la raison pour laquelle le sérieux et la responsabilité de chaque acteur restent interpellés », a insisté la représentante du ministre.
Auparavant, Désiré Ename, le président du comité d'organisation du Cipref, a déclaré que les travaux de cette édition ont permis d'aborder la problématique sur l'impact de l'Intelligence artificielle sur les médias. Une occasion, dira-t-il, de réfléchir et de trouver des solutions sur l'avenir du métier du journaliste par rapport à l'Ia.
Il a également exprimé sa gratitude aux autorités gabonaises, aux partenaires institutionnels et privés, à l'ensemble des participants qui ont contribué à la réussite de cette première édition.
Organisé par l'Union de la presse francophone section Gabon, la Cipref a pour objectif de fédérer les acteurs des médias francophones autour des enjeux du numérique, de promouvoir une utilisation responsable et éthique de l'Ia dans la production d'information, de faire des plaidoyers pour une régulation concertée afin de protéger la souveraineté numérique des pays francophones.
La délégation de la Côte d'Ivoire, conduite par Viviane Mouhi, présidente de l'Union de la presse francophone section Côte d'Ivoire, a pris une part active aux différents panels, tout en affirmant la position du pays sur la nécessité d'allier progrès technologiques et le respect des fondamentaux du métier du journaliste.