Au Cafop et à Ahouabo-extension, la lumière attend encore. Privés d'électricité depuis plusieurs semaines, les habitants de ces deux quartiers d'Anyama ont tenu une réunion de crise le dimanche 25 janvier 2026. Face à l'obscurité persistante, la communauté s'organise pour trouver, par elle-même, une issue durable.
Mines serrées, ça grogne de partout et un seul mot d'ordre est sur les lèvres de certains : « Trop, c'est trop ! Il faut qu'on marche ! L'État doit nous aider ! ».
La cour de la « Maison blanche », non loin du Centre d'animation et de formation pédagogique (Cafop) d'Abidjan-Anyama, a accueilli ce dimanche une assemblée inhabituelle. Environ 200 personnes, issues de près de 2 000 lots des quartiers Cafop et Ahouabo-extension, se sont retrouvées pour parler d'un même mal : l'absence prolongée d'électricité. Un silence lourd, ponctué de témoignages sobres, a rythmé cette rencontre de quartier.
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Dans son intervention, Ougafolo Koné, habitant et intervenant principal, a rappelé les efforts déjà consentis. Le courant avait été introduit dans la zone, mais l'augmentation de la demande a dépassé la capacité des installations existantes. « Les tranchées ne supportent plus les charges », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité d'une action collective. Pour lui, l'objectif reste clair : il s'agit du bien-être des populations, à travers l'union et la solidarité.
Une solidarité mise à contribution
La réunion a débouché sur une première résolution. Il s'est agi du lancement d'une cotisation de 50 000 francs CFA par propriétaire, afin d'engager les travaux nécessaires. Un fonds dont l'évaluation déterminera la suite des actions. En parallèle, une délégation doit entrer en contact avec les responsables de la Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE) pour un raccordement provisoire, le temps de réunir les moyens techniques requis. L'idée d'une marche a été écartée au profit du dialogue.
Des vies suspendues à l'électricité
Dans l'assistance, les conséquences se font sentir. Koumba, vendeuse de poisson braisé, confie que « rien ne marche » et que ses bénéfices ont chuté. Koné Nahonsé, élève-maître au Cafop Abidjan-Anyama, évoque des nuits d'étude impossibles et une concentration fragilisée. Éleveur du quartier, Rachidi rappelle que la ligne actuelle, provisoire et privée, ne suffit plus à répondre aux besoins.
Dans l'attente d'une solution définitive, les quartiers Cafop et Ahouabo-extension restent suspendus à l'espoir d'une lumière retrouvée, portée par l'effort commun et la patience d'une population éprouvée.