Démosthène Pikulas annonce une rupture historique.
L'armée malgache revendique désormais une voix dans la conduite des affaires nationales. À l'ouverture des assises militaires, hier, au Centre de conférence international d'Ivato, le général de corps d'armée Démosthène Pikulas a annoncé un virage historique.
« L'armée aura dorénavant son mot à dire sur ce qui va se passer dans le pays », a-t-il affirmé devant un parterre de hauts responsables militaires, des députés et des ministres. Une déclaration forte, assumée, qui rompt avec la tradition de réserve institutionnelle des forces armées. Face aux officiers et responsables militaires réunis, le chef d'Etat-Major de l'Armée a enfoncé le clou. « L'armée ne sera plus une grande muette, elle ne fera plus la sourde oreille », a déclaré le patron de l'armée.
Équilibres
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Une formule choc, symbole d'un changement de posture stratégique et politique. L'institution militaire ne veut plus rester en retrait des dynamiques nationales. Pour autant, Démosthène Pikulas encadre cette nouvelle orientation.
Il se veut rassurant sur le respect des normes internationales. « Nous ne songeons pas à aller au travers des standards internationaux, mais nous voulons donner la main aux politiciens qui dirigeront le pays », a-t-il affirmé.
Une ligne de crête entre affirmation de l'armée et respect des équilibres institutionnels. Ces propos traduisent une volonté de repositionnement profond de l'institution militaire dans l'espace public et politique.
Une rupture assumée avec la posture historique de neutralité silencieuse. À Ivato, le message est donc clair, hier. L'armée ne se contentera plus d'observer, elle entend désormais peser.