En Ouganda, nouvelle salve sur les réseaux sociaux entre le chef de l'armée et l'opposant Bobi Wine. Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni, nie toute agression contre l'épouse de Bobi Wine, Barbara Kyagulanyi, plus connue sous le nom de « Barbie ». L'opposant - en fuite depuis plusieurs jours, après un raid à son domicile - accuse des soldats d'avoir attaqué sa femme, aujourd'hui hospitalisée. L'opposition dénonce une répression qui s'intensifie, le jour même des 40 ans au pouvoir de Yoweri Museveni, ce lundi 26 janvier.
Sur X, Muhoozi Kainerugaba assure que « ses soldats n'ont pas frappé Barbie », avant d'ajouter : « Nous ne frappons pas les femmes », tout en affirmant rechercher Bobi Wine qu'il traite de « lâche ».
Bobi Wine affirme l'inverse. Selon lui, des soldats ont forcé l'entrée de leur domicile dans la nuit de vendredi au samedi 24 janvier, ont « étranglé et insulté » son épouse, puis mis la maison à sac.
Barbie, elle, dit avoir refusé de déverrouiller son téléphone malgré les injonctions, avant d'être brutalisée. Elle est, depuis, hospitalisée à Kampala.
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La séquence ravive l'escalade de ces derniers jours. Muhoozi Kainerugaba, souvent présenté comme le dauphin présumé de Yoweri Museveni, avait récemment publié -- puis supprimé -- un message évoquant la mort de Bobi Wine.
Le ministre de l'Information Chris Baryomunsi assure que Bobi Wine « n'a pas de raison de se cacher » et justifie le dispositif sécuritaire autour de sa maison, pour surveiller « les allées et venues ».
« Des déclarations qui ne tiennent pas la route »
Joint par RFI, le porte-parole de la Plateforme de l'unité nationale (NUP), Joel Ssenyonyi, dénonce une « persécution » et considère que ces déclarations ne tiennent pas la route.
« D'un côté, ils assurent que personne ne le poursuit et, quelques heures plus tard, l'armée fait irruption chez lui, frappe sa femme, saccage la maison. Alors à quoi rime cette opération ? Muhoozi, fils de Museveni et chef de l'armée, disait déjà « On ne le cherche pas » et maintenant, il dit « On n'a pas agressé sa femme, mais on cherche son mari ». Et ce même Muhoozi a multiplié les menaces contre Bobi Wine. Il a même parlé de le tuer. Vu le poste qu'il occupe, on ne prend pas ça à la légère. Voilà pourquoi Bobi Wine et sa femme se mettent à l'abri. Le régime est clairement après eux. Museveni gouverne d'une main de fer, depuis 40 ans. Il réprime l'opposition, brutalise ceux qui le critiquent, beaucoup ont été tués, beaucoup sont en prison et il vient encore de s'attribuer 71 % des voix, lors de la dernière élection. Mais on se demande : si vous êtes aussi plébiscité, pourquoi traquer vos opposants ? Nous sommes visés et on ne comprend même pas pourquoi », estime-t-il.