Madagascar: La rupture d'un barrage près d'Antananarivo menace des milliers d'habitations

Vigilance rouge dans le sud de la capitale. Suite aux fortes pluies de ces derniers jours, dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 janvier 2026, à une quinzaine de kilomètres d'Antananarivo, un barrage hydro-agricole inauguré il y a deux ans a partiellement cédé, entrainant le déversement d'une rivière en furie vers des milliers d'hectares de parcelles cultivées. Une digue censée protéger les habitations et les cultures menace désormais de rompre. La journée de lundi a été consacrée à tenter de la consolider.

C'est avec stupeur que les habitants de Tongoloina, quartier de la commune rurale d'Ampahitrosy au sud de la capitale, se sont réveillés ce dimanche : « Vous voyez tous ces champs-là... tout a été inondé. Les rizières ont été ensevelies par le sable de la rivière », se désole une cultivatrice.

Une partie du mur de soutènement du barrage, destiné à réguler les eaux de la Sisaony et à irriguer les champs alentour, a été emportée par les flots. Les digues en terre qui bordent la rivière s'affaissent dangereusement. « Ça fait deux ans qu'on pouvait enfin utiliser nos terrains comme rizières, grâce au système d'irrigation créé par ce barrage. Maintenant qu'il est cassé, ça va sûrement nous causer de gros problèmes pour notre agriculture », continue l'habitante.

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5 000 habitations directement menacées

Selon le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes, près de 2 000 hectares de rizières et plus de 5 000 habitations sont directement menacés si la digue venait à céder.

Hier, habitants et forces de sécurité ont tenté de consolider l'ouvrage à l'aide de roches et de moellons. Une réunion d'experts s'est également tenue afin de définir, au plus vite, la stratégie à adopter. Par précaution, plusieurs familles ont été évacuées.

Sur place, le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo n'a pas mâché ses mots : « C'est une catastrophe naturelle, mais dont on peut imputer la responsabilité à la société qui a construit le barrage en 2024. Nous allons examiner de près le cahier des charges et vérifier si les travaux ont été réalisés dans les normes ou non. »

Des enquêtes techniques approfondies ont été lancées afin de déterminer les causes exactes de la dégradation. Le gouvernement a par ailleurs annoncé une politique de tolérance zéro face aux travaux bâclés financés par des fonds publics.

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