Congo-Kinshasa: Journée des énergies propres - La RDC face au paradoxe entre potentiel immense et pauvreté énergétique

27 Janvier 2026

À l'occasion de la Journée internationale des énergies propres ce 26 janvier, l'ONG Alerte congolaise pour le développement et les droits humains (ACEDH) tire la sonnette d'alarme. Malgré des ressources renouvelables exceptionnelles, la majorité de la population congolaise reste privée d'électricité, dépendante du bois de chauffe pour sa survie.

La République démocratique du Congo (RDC) dispose d'un potentiel hydroélectrique, solaire et éolien qui pourrait la placer en tête des producteurs d'énergie en Afrique, estime cette ONG. Pourtant, regrette-t-elle, la réalité statistique est brutale : à peine 20 % de la population urbaine a accès à l'électricité, un chiffre qui s'effondre entre 1 % et 3 % dans les zones rurales.

Le bois de chauffe : l'unique alternative pour 90 % des Congolais

Selon Olivier Ndoole, secrétaire exécutif de l'ACEDH, ce déficit énergétique force la population à se tourner vers la biomasse. « Presque 90 % de la population dépend du bois. Au-delà de la volonté politique, il existe des obstacles d'ordre institutionnel et juridique qui freinent l'essor du secteur », explique-t-il.

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Cette dépendance au bois représente non seulement un défi de développement, mais aussi une menace environnementale majeure pour les forêts du bassin du Congo, poursuit M.Ndoole.

Le modèle du Nord-Kivu comme source d'inspiration

Pourtant, des solutions émergent. L'ACEDH pointe du doigt le dynamisme du Nord-Kivu, où des initiatives privées ont réussi là où les structures étatiques peinent encore à s'imposer. Des villes comme Goma figurent aujourd'hui parmi les mieux éclairées du pays grâce à un modèle de décentralisation énergétique.

L'ONG cite plusieurs exemples de réussite, parmi lesquels Virunga Energies qui exploite le potentiel hydroélectrique ; ainsi que Nuru et SOCODEE, des opérateurs privés qui misent sur le solaire et l'hybride.

Vers une « justice climatique » nationale

Pour Me Olivier Ndoole, ces modèles locaux ne doivent plus rester des exceptions. Ils constituent des « plateformes » prêtes à être dupliquées dans d'autres provinces pour répondre aux enjeux de la justice climatique.

Le plaidoyer de l'ACEDH est clair : pour que la RDC devienne réellement un « pays-solution », le gouvernement doit accélérer les réformes juridiques pour encourager ces investissements privés et garantir un accès universel à une énergie propre et durable.

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