Afrique: Accès à l'eau et à l'assainissement - Le continent peine à sortir la tête de l'eau

27 Janvier 2026

Alors que près de 40 % de sa population n'ont pas accès à l'eau potable et que plus de 70 % sont en manque de services d'assainissement de base, l'Afrique est affectée par la crise de l'eau. Une situation qui est « moralement inacceptable » aux yeux du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

L'eau, ressource vitale pour l'humanité et la nature, est au coeur de l'équilibre de notre planète et de l'atteinte des Objectifs de développement durable (Odd). Pourtant, la situation mondiale est alarmante. Lors de la réunion préparatoire de la Conférence des Nations unies sur l'eau, ouverte hier, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a dressé un tableau préoccupant de la crise mondiale de l'eau, en insistant particulièrement sur les défis majeurs auxquels est confronté le continent africain.

Selon les données des Nations unies, 2,2 milliards de personnes n'ont toujours pas accès à une eau potable sûre, près de 3,5 milliards d'autres personnes sont privées de services d'assainissement adéquats, et 4 milliards subissent une pénurie d'eau sévère au moins un mois par an. L'Afrique est particulièrement touchée : près de 40 % de sa population n'a pas accès à l'eau potable et plus de 70 % manquent de services d'assainissement de base. Cette situation est, selon le Président Faye, « moralement inacceptable ».

Selon le Chef de l'État, cet état de fait alimente une spirale de crises alimentaires, fragilise les économies, déplace les populations et exacerbe les tensions sociales. « Cette crise hydrique s'amplifie sous l'effet du dérèglement climatique, un phénomène étroitement lié à l'eau. Le changement climatique perturbe le cycle naturel de l'eau, provoquant sécheresses, inondations, fonte des glaciers et élévation du niveau des mers, ce qui impacte de nombreux secteurs essentiels comme la santé, l'agriculture, l'énergie, l'éducation et la biodiversité », a-t-il déploré.

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Face à ces enjeux, le Président a alerté sur le « coût immense de l'inaction » : pertes humaines, opportunités de développement compromises, aggravation des fractures sociales et menaces sur la stabilité des États. Ainsi, Bassirou Diomaye Faye estime qu'investir dans l'eau « ne se limite pas à la construction d'infrastructures, mais doit être pensé comme un investissement dans la résilience climatique, la prévention des conflits, la stabilité et la prospérité mondiale ».

Par ailleurs, l'Odd n° 6, dédié à l'eau et à l'assainissement, constitue un levier stratégique pour la réalisation de l'ensemble des objectifs de développement durable. Pourtant, à moins de quatre ans de l'échéance de l'Agenda 2030, « nous sommes encore loin des objectifs », a reconnu le Président. Des progrès existent, mais ils doivent être accélérés, à condition de bien cibler les actions.

Malgré sa vulnérabilité, l'Afrique est aussi un continent porteur de solutions, d'opportunités et d'innovations, aux yeux du Président Faye, car, a-t-il relevé, le continent dispose d'une jeunesse dynamique et de savoirs précieux. Raison pour laquelle il s'est réjoui que l'Union africaine ait proclamé 2026 « Année de l'eau en Afrique ». Cela entre en droite ligne avec la future adoption de la nouvelle vision africaine de l'eau, pilotée par le Conseil des ministres africain de l'eau, présidé par le Sénégal.

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