Afrique de l'Ouest: Le Togo réduit sa dette sur le marché régional alors que les emprunts de l'UEMOA augmentent

26 Janvier 2026

Le Togo a réduit sa dette sur le marché des titres publics de l'UEMOA en 2025, se distinguant dans une région où la plupart des pays ont continué à emprunter davantage.

Les données de l'UMOA-Titres montrent que l'encours de la dette du Togo auprès des investisseurs régionaux a diminué de 5,6 % en un an, pour s'établir à 1 810,5 milliards de francs CFA. Le Togo est ainsi l'un des rares pays membres de l'UEMOA à afficher une baisse de son encours de dette de marché.

Dans l'ensemble de l'Union, l'encours total de la dette a légèrement diminué de 3,7 %, masquant de grandes différences entre les pays. La Côte d'Ivoire a enregistré une baisse plus importante de 15,4 %, tandis que le Niger a augmenté sa dette de 7,2 %. Le Mali et le Sénégal ont également augmenté leur exposition, avec des hausses respectives de 2,2 % et 2 %.

Le Togo a levé 411 milliards de francs CFA sur le marché régional en 2025, en baisse par rapport à 2024 et bien en deçà des niveaux observés les années précédentes. Cette baisse reflète un changement de stratégie de financement plutôt qu'un retrait du marché.

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Le gouvernement a réduit sa dépendance à l'égard des adjudications standard de l'UMOA-Titres, favorisant les instruments à plus long terme par le biais de la BRVM, y compris les émissions d'obligations syndiquées. Ce changement vise à lisser les échéances et à limiter la pression sur le refinancement après des remboursements importants dans toute la région.

Points clés à retenir

L'approche du Togo contraste avec une forte augmentation des emprunts dans l'ensemble de l'UEMOA en 2025. Les gouvernements ont levé près de 11,86 trillions de francs CFA, soit une hausse de 45,9 % par rapport à l'année précédente. Les émissions d'obligations ont augmenté de 89,5 %, les États cherchant à allonger les maturités et à gérer les risques de remboursement.

En ralentissant les émissions et en allongeant les échéances, le Togo tente de réduire le risque de refinancement à un moment où les liquidités bancaires restent limitées et où les coûts d'intérêt ont augmenté. Cette stratégie reflète les efforts plus larges déployés par certains émetteurs pour diversifier les canaux de financement au-delà des adjudications à court terme.

Le contraste met en évidence les divergences croissantes au sein de l'UEMOA. Alors que certains pays continuent d'augmenter leur dette de marché pour couvrir leurs besoins budgétaires, d'autres donnent la priorité à la gestion de la dette et à la structure des échéances. Si elle est maintenue, la stratégie du Togo pourrait limiter la pression sur le refinancement à court terme et stabiliser la dynamique de la dette.

Elle pourrait également servir de référence à d'autres États confrontés à des pics de remboursement élevés après des années de forte dépendance à l'égard des financements de marché à court terme.

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