Le Sénégal et le Maroc viennent de franchir un cap décisif dans leur relation bilatérale.
Réunis à Rabat dans le cadre de la 15ᵉ session de la Grande Commission Mixte de Coopération du 26 au 28 janvier 2026, les deux pays ont procédé à la signature de dix-sept accords couvrant des secteurs clés du développement.
Coprésidée par le Chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch et le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, cette rencontre marque une volonté politique affirmée de hisser le partenariat sénégalo-marocain à un niveau plus structurant et orienté vers l’avenir.
Une coopération multisectorielle au service du développement
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Les travaux de cette coopération ont été sanctionnés par un communiqué conjoint signé par les ministres des Affaires étrangères, Nasser Bourita et le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur Cheikh Niang, symbolisant la convergence de vues entre Dakar et Rabat sur les grands enjeux régionaux, économiques et sociaux.
Les accords conclus concernent la diplomatie consulaire, la jeunesse, les transports routiers, la sécurité routière, les infrastructures autoroutières, l’économie numérique, la formation professionnelle, ainsi que l’octroi de bourses d’études et le partage d’expertises.
Dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, un programme d’application couvrant la période 2026–2028 a été signé, ouvrant la voie à une mobilité académique accrue et à des projets de recherche conjoints.
L’industrie et le commerce ne sont pas en reste, avec des accords axés sur le développement des PME, les infrastructures industrielles et la normalisation, illustrant une ambition commune de renforcer les chaînes de valeur locales.
L’agriculture, pilier stratégique pour les deux pays, a également fait l’objet d’accords structurants, notamment dans les filières animales, la santé animale, la sécurité sanitaire des aliments, ainsi que le contrôle des produits de la pêche et de l’aquaculture.
À cela s’ajoute un partenariat portuaire entre l’Agence Nationale des Ports du Maroc et le Port Autonome de Dakar, visant à renforcer la compétitivité logistique et les échanges commerciaux.
Une relation historique tournée vers l’avenir et la coopération Sud-Sud
Au-delà de la signature des accords, la 15ᵉ Grande Commission Mixte Sénégal–Maroc s’impose comme un véritable levier de transformation de la relation bilatérale. Elle illustre la capacité des deux pays à dépasser le cadre symbolique et historique de leur fraternité pour bâtir un partenariat économique innovant, équilibré et durable.
S’appuyant sur des liens socioculturels et religieux séculaires, ainsi que sur la complémentarité de leurs économies, le pays de la Teranga et le royaume chérifien ambitionnent de faire de cette coopération un modèle de partenariat Sud-Sud efficace.
La mobilisation des institutions financières, le financement de projets structurants et l’accent mis sur la souveraineté économique partagée, dessinent les contours d’un nouveau chapitre de la relation sénégalo-marocaine.
Rappelons que cette rencontre intervient dans un contexte particulier, marqué par les tensions enregistrées à la suite de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations remportée par le Sénégal face au Maroc.
Les réactions passionnées d'une partie des supporters marocains, encore affectées par cette défaite, ont parfois alimenté un climat de crispation. La tenue de cette Commission Mixte apparaît ainsi comme un signal politique fort de nature à apaiser les tensions et à réaffirmer la solidité des relations fraternelles entre les deux États.
