Ils avancent lentement, le corps couvert d'argile et de cendres, ceinturés de fibres végétales séchées, le torse orné d'ossements sculptés, le visage dissimulé sous des masques aux traits archaïques.
Aka Alexandre et Vanga Raphaël, figures de proue du Popo Carnaval, ont captivé les regards avant, pendant et après leur parade à la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (Jmca) 2026. « Nous représentons la communauté abouré de Bonoua, dans le Sud-Comoé. Nous sommes du groupe carnaval de Bonoua », explique le doyen Vanga Raphaël, dont la parole accompagne chaque pas du duo.
À travers leurs accoutrements inspirés de l'homme primitif, les deux artistes convoquent la mémoire des anciens et la profondeur des origines. « Cela nous rappelle nos ancêtres, les esclaves africains emmenés de force », confie-t-il. Habitués de la Jmca, ils en sont à leur cinquième participation, de Jacqueville, Daloa et Abidjan. « Depuis la classe de CE1, je confectionne ces tenues. Si les gens ne les voient pas, ils risquent de ne pas venir au carnaval », affirme Vanga Raphaël, évoquant le Popo Carnaval de Bonoua, grand rendez-vous de la culture abouré, traditionnellement organisé en avril, après la Pâques