Cameroun: Mystère sur les cas de Mpox signalés dans la ville de Douala

27 Janvier 2026

DOUALA, SciDev.Net — Selon un communiqué signé de Manaouda Malachie, le ministre de la Santé publique du Cameroun, daté du 13 janvier 2026, cinq cas de Mpox ont été identifiés dans le pays entre le 14 novembre 2025 et le 7 janvier 2026.

Ce document précise que quatre des cas ont été notifiés dans la région du Littoral, notamment dans les districts de santé de Abo (1 cas), cité des palmiers (1) et Deido (2). Le dernier se trouvant dans le district de santé d'Akwaya, région du Sud-Ouest.

A en croire cette même source, ces nouveaux cas portent à 114, le nombre de cas suspects signalés au Cameroun depuis le 1er janvier 2025, avec dix cas confirmés et aucun décès.

Pour faire face à cette situation, le ministre de la santé publique recommande dans son communiqué de presse l'application de nombreuses mesures, parmi lesquelles le renforcement de la surveillance épidémiologique, la prise en charge gratuite des cas confirmés et l'éloignement vis-à-vis des personnes malades...

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SciDev.Net s'est rendu sur le terrain dès le 14 janvier pour toucher du doigt la mise en oeuvre de ces mesures dans certains des hôpitaux concernés. A l'hôpital de district de la cité de Palmiers situé à Douala, c'est l'ambiance des jours ordinaires. Patients et visiteurs vont et viennent naturellement.

Interrogée sur les cas de Mpox dans l'hôpital, une infirmière confie : « Je ne suis au courant de rien, il faut vous renseigner à l'accueil ». A l'accueil, le reporter est redirigé vers Efuetnkeng Bechem, le directeur de l'hôpital.

« L'hôpital n'a aucune information à vous donner. Allez au niveau du district », répond ce dernier en refermant la porte de son bureau.

Contacté, le médecin Ndjomo Mba, chef du district de santé de la Cité des Palmiers, dit être au courant de la communication du ministre mais ajoute qu'il est la personne la moins indiquée pour en parler.

Renvoyant vers sa collaboratrice Thérèse Edwige Ndap qui, dit-il, est le point focal de la maladie dans le district de santé.

Jointe au téléphone, cette dernière recueille nos préoccupations. Lesquelles portent sur ce que l'on sait du mode de contamination du patient, de sa prise en charge, de la recherche des personnes qui ont récemment été en contact avec lui et des mesures prises au sein du district et de l'hôpital pour éviter la propagation de la maladie...

« Pour vos préoccupations, je vous prie de joindre mon chef de district ou alors le délégué du ministère de la Santé publique pour le Littoral », dira-t-elle plus tard en guise réponse.

« C'est un sujet délicat »

Dans le district de santé de Deido, situé lui aussi à Douala, qui est censé accueillir deux patients, c'est le même scénario. Un médecin de l'hôpital de district affirme même que « c'est un sujet délicat, nous n'avons pas l'autorisation d'en parler ».

Contacté à son tour, Saurel Ngo'o Mebe, le délégué du ministère de la Santé publique pour la région du Littoral dont Douala est le chef-lieu, n'a donné aucune suite à notre sollicitation.

Quant à l'épidémiologiste Leonard Ewane, coordonnateur régional du programme élargi de vaccination pour le Littoral, il s'est déclaré incompétent pour répondre aux questions liées au Mpox à Douala.

Il nous renvoie vers un de ses collaborateurs, un certain Dr Moussi, qui n'a ni décroché nos appels ni répondu à nos messages envoyés via l'application WhatsApp.

Finalement, nous nous sommes retournés vers le numéro vert inscrit au bas du communiqué de presse du ministre et vers la cellule de communication du ministère de la Santé publique à Yaoundé. Chacun de ces deux interlocuteurs a bel et bien recueilli nos questions, mais n'y a pas donné de suite, malgré nos relances...

Les services de la communication du ministère se contenant de diffuser sur les réseaux sociaux ce 27 janvier l'information selon laquelle la Direction de la lutte contre la maladie, les épidémies et les pandémies du Cameroun a activé, le 23 janvier dernier, son Système de gestion de l'incident (SGI).

Une approche qui, à les en croire, permet d'apporter une réponse coordonnée, adéquate et rapide face à cette urgence de santé publique.

Outre ce mystère qui enveloppe ces cas de Mpox annoncés dans ces deux districts de santé de la ville de Douala, SciDev.Net n'a constaté dans aucun des hôpitaux visités le moindre dispositif de crise pour la prise en charge de patients souffrant d'une maladie aussi dangereuse et aussi contagieuse...

Une maladie dont la multiplication des cas en Afrique, avec pour principal foyer la République démocratique du Congo (RDC), avait amené l'OMS à déclarer une urgence de santé publique de portée internationale le 14 août 2024 ; une mesure finalement levée un peu plus d'un an plus tard, le 5 septembre 2025.

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