Ile Maurice: Vers un encadrement du secteur industriel et des exportations

Le secteur industriel s'apprête à être encadré. Les procédures ont été lancées pour la préparation de l'Industry Bill. Le Conseil des ministres du vendredi 23 janvier a donné son aval au ministère de l'Industrie, des petites et moyennes entreprises et des coopératives pour qu'il transmette les instructions nécessaires au bureau de l'Attorney General en vue de la rédaction du texte de loi.

L'objectif de ce projet de loi est de mettre en place un cadre législatif moderne pour renforcer la base industrielle et exportatrice du pays. Il vise ainsi à repositionner le pays comme un hub manufacturier compétitif à l'échelle mondiale, tout en consolidant sa plateforme d'exportation et en soutenant le développement de la production locale.

Cette initiative intervient dans un contexte où le secteur manufacturier contribue à environ 12 % du Produit intérieur brut (PIB) et représente près de 15 % de l'emploi total, selon le rapport State of Economy 2024.

Toutefois, le rapport indique que sur dix ans, la croissance du secteur manufacturier a ralenti à 0,7 % par an, contre 2,5 % en moyenne sur les périodes antérieures. Quant aux exportations de biens, elles ont atteint Rs 81 milliards en 2024, dont Rs 61 milliards d'exportations domestiques et Rs 20 milliards de réexportations, indique le rapport Export Insights 2025.

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Cinq secteurs dominent cette structure : le textile et habillement pour Rs 20 milliards, soit 25 % du total, les poissons et produits de la mer pour Rs 16,8 milliards, soit 21 %, le sucre de canne pour Rs 10,2 milliards, soit 13 %, les articles de bijouterie pour Rs 3,4 milliards, soit 4 %, et les dispositifs médicaux pour Rs 2,2 milliards, soit 3 %. Ensemble, ces cinq secteurs représentent 66 % des exportations totales de biens, tandis que les exportations de services explosent, représentant en moyenne 74% des exportations totales sur les quatre dernières années.

Le rapport State of Economy 2024 relève également une baisse du ratio des exportations par rapport au PIB, passé de 22,9 % en moyenne sur 20102014 à 17,4 % entre 2015 et 2023. Bien que les valeurs des exportations aient temporairement augmenté en 2021 et 2022, notamment à cause d'une reprise passagère et de la dépréciation de la roupie, le volume des exportations a chuté de 12 % en 2023, signalant un affaiblissement du secteur.

Face à ces constats, le projet de loi vise à redonner à l'industrialisation le statut de priorité nationale, dépassant son rôle jusqu'ici limité à celui d'un effet des politiques d'investissement. Il établira une autorité légale pour la planification industrielle en permettant de prioriser les secteurs stratégiques à fort potentiel, tels que la manufacture avancée, les bioindustries, la pharmacie, l'ingénierie de précision et les industries vertes.

Le texte prévoit également l'intégration de normes de performance et de critères de durabilité afin que le développement industriel se fasse de manière structurée, efficace et respectueuse de l'environnement. Le projet de loi entend également instaurer une culture axée sur les résultats dans la gouvernance industrielle en définissant des orientations stratégiques claires, des mécanismes de suivi rigoureux et des dispositifs de responsabilité pour les acteurs du secteur.

Il s'inscrit en outre dans les objectifs de développement national, visant à accroître la productivité, favoriser la création de valeur, renforcer la résilience économique et à assurer une intégration harmonieuse dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, notamment dans le cadre de l'African Continental Free Trade Area et des évolutions liées à l'African Growth and Opportunity Act (AGOA). Rappelons que, le 12 janvier, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté à une large majorité le projet de loi prolongeant l'AGOA jusqu'au 31 décembre 2028, avant qu'il ne soit examiné par le Sénat pour adoption définitive.

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