Madagascar: Tanambao Tsirandrangne - Le cri de détresse d'une population face aux abus de pouvoir

L'insécurité et l'injustice atteignent un point de non-retour à Tanambao Tsirandrangne, district de Bekily, Androy. Excédés par un conflit qui s'enlise depuis 2020, les habitants lancent un appel pressant au président de la Refondation et aux ministres de la Justice et de la Gendarmerie pour que force reste à la loi dans cette localité meurtrie.

En effet, l'affaire prend racine lorsqu'un élu introduit dans la zone un individu sans papiers, suspecté d'être un malfaiteur. Entre l'occupation illégale de terrains communaux et le non-respect du « Dinan'ny Mpihary » (solidarité en cas de vol de bétail), le fossé s'est creusé avec le Fokonolona.

Déclaré « Ombilahy mavo » (exclu de la communauté) pour ses abus, l'ex-parlementaire aurait basculé dans la force. Blessures par balle en 2022, meurtres et, plus récemment, l'assassinat de l'Ampanjaka Zakato le 29 août dernier, ont plongé le village dans le chaos.

Rumeurs

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À la suite de ces tragédies, le village a été le théâtre d'un raid punitif mené par des dahalo recrutés, selon les témoignages, par le clan du député. Le bilan du BNGRC est lourd : 247 toits incendiés.

Aujourd'hui, des centaines de femmes et d'enfants errent dans la forêt, fuyant les exactions des mercenaires qui occupent toujours les lieux. Sur le front médiatique, la guerre fait rage. Ialy, président de fokontany adjoint, a dû tenir une conférence de presse, hier, pour démentir des rumeurs sur sa propre mort et réitérer que c'est bien l'Ampanjaka qui a été froidement abattu.

La population dénonce une complicité flagrante de certains éléments de la gendarmerie locale, qui bloquerait l'exécution des mandats d'arrêt contre les fils de l'ex-député. « Nous demandons une intervention directe de l'État pour mettre fin à ce règne de la terreur », martèlent les représentants locaux.

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