Le chantier de l'Institut Supérieur d'Enseignement Professionnel (ISEP) de Matam, lancé en 2021, et initialement annoncé pour une inauguration à la la rentrée académique d'octobre 2025, continue d'accumuler de multiples retards dans l'exécution des travaux. La création de l'institut annoncée en 2012, lors d'un Conseil des ministres décentralisé tenu dans la région, puis formalisée en 2016 a été jalonnée de nombreuses contraintes avant le démarrage effectif du chantier en 2021. Un long voyage dans le temps sans grandes avancées.
En visite sur le site, le ministre des Infrastructures, Déthié Falla exprimé sa profonde préoccupation face à ce qu'il a qualifié de retard pernicieux dans l'exécution des travaux, une situation qu'il a jugée inacceptable. « L'entreprise s'était engagée pour 10 mois. Il y a deux ans, elle a encore repris cet engagement. Il y a eu des suspensions certes, mais, depuis le mois de juillet dernier, on avait donné l'ordre de service de reprise des travaux alors qu'il restait 9 mois de délai contractuel », a-t-il fait savoir. Ajoutant que « l'entreprise a reçu la liste des biens des services validés et près de 3 milliards 600 millions d'avance sur un projet d'un coût global de 16 milliards ».
Malgré les efforts consentis par l'Etat, selon le ministre, « l'entreprise, qui a sous-traité la partie des pieux, avec un sous-traitant qui s'est montré défaillant », peine toujours à sortir des fondations. Une fois encore, à 2 mois des délais prescrits, l'autorité ministérielle dit préparer une deuxième lettre de mise en demeure. « L'État n'attend pas. Chaque année on reçoit des étudiants qui finissent leur cycle pour rejoindre l'enseignement supérieur. L'État ne pourrait se conformer au calendrier d'une entreprise qui avance à son rythme. Il sera demandé une dernière fois à l'entreprise de poursuivre les travaux. S'il est constaté, qu'elle ne peut pas le faire, on prend nos responsabilités en résiliant le contrat et en en engageant une autre entreprise ».
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En l'absence d'environnement adéquat pour les apprentissages, les apprenants suivent les cours dans des bâtiments provisoires en location dont le coût du loyer, de l'avis de la directrice de l'institut, impacte sur le budget de fonctionnement de l'établissement.
L'Isep de Matam comptabilise déjà 5 promotions d'étudiants certifiés.
Appelant à une meilleure prise en charge des conditions d'apprentissage à travers des infrastructures adaptées, le Professeur Aminata Diassé Sarr a formulé un plaidoyer appuyé. La directrice de l'Institut supérieur d'enseignement professionnel de Matam a ainsi exprimé le souhait que « l'ISEP de Matam puisse être pris en considération dans la dynamique globale de construction des huit ISEP fonctionnels, avant de parler de construction de nouveaux ISEP (...) »