Cameroun: La crise de la dette publique menace le paiement des fonctionnaires

28 Janvier 2026

Le Cameroun traverse une tempête financière sans précédent.

Plus de 1 600 milliards de francs CFA contractés uniquement pour rembourser la dette extérieure pendant que la dette intérieure reste impayée. Un choix qui révèle l'asphyxie budgétaire d'un État pris à la gorge par ses créanciers internationaux.

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Cette somme colossale correspond presque exactement au coût de la Coupe d'Afrique des Nations organisée par le Cameroun. Un investissement pharaonique dans des infrastructures sportives pendant que les finances publiques se délitaient. L'analyste Dieudonné Essomba avait pourtant alerté sur cette dérive budgétaire qui conduisait droit à la crise actuelle.

Des fonctionnaires dans l'incertitude

Les rumeurs sur l'impossibilité de payer les salaires circulent désormais ouvertement. Une situation inédite qui fragilise davantage un secteur public déjà sous tension. Pendant ce temps, les ordures s'accumulent dans les rues faute de moyens pour les collecter, créant des conditions sanitaires alarmantes dans un système de santé exsangue.

Le blackout énergétique qui paralyse l'économie

La crise électrique achève de plonger le pays dans le chaos. Les coupures incessantes détruisent le fragile tissu industriel camerounais, rendant impossible toute production de richesse. Comment un État peut-il espérer collecter des impôts quand les entreprises ne peuvent plus fonctionner faute d'électricité ?

Une pression fiscale en hausse malgré la crise

La nouvelle loi de finances augmente pourtant la pression fiscale sur des acteurs économiques paralysés. Une logique budgétaire qui défie toute rationalité économique. Taxer davantage des producteurs qui ne peuvent plus produire relève de l'incohérence absolue dans un contexte de raréfaction des ressources.

La visite papale qui divise

Dans ce marasme, le gouvernement prépare la venue du pape, une opération qui nécessitera des investissements considérables. Un choix qui interroge les priorités d'un État incapable d'honorer sa dette intérieure et de garantir les services publics essentiels à sa population.

Une équation budgétaire insoluble

L'État camerounais fait face à une impasse mathématique. Augmenter les impôts sans électricité pour produire, emprunter pour rembourser pendant que les salaires restent incertains, organiser des événements coûteux pendant que les ordures pourrissent dans les rues. Cette accumulation de contradictions révèle une gestion budgétaire au bord de l'effondrement. Cette spirale descendante pose une question vertigineuse : combien de temps un État peut-il tenir quand il ne peut plus ni payer ses agents, ni fournir les services de base, ni permettre à son économie de fonctionner ?

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